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Mademoiselle Abricot


PARTIE I

Il était une fois, au bord du Lac de l'Ouest, un village où habitait une jeune fille , habile et intelligente, qui s'appelait Xing Chan, Mademoiselle Abricot.

Un jour, au début de l'été, Xing Chan, qui avait alors sept ou huit ans, faisait paître ses buffles dans un pré à l'entrée du village. Non loin, dans les vergers, les abricotiers étaient chargés de fruits rouges et jaunes dont le parfum embaumait.

Soudain, un abricot, le plus gros et le plus rouge , tomba sur le sol, juste aux pieds de Xing Chan qui le ramassa et allait le porter à sa bouche quand une voix claire se fit entendre:
- Petite fille, petite fille, ne me mordez pas, laissez-moi aller.

Muette, Xing Chan regardait autour d'elle, personne. Qui pouvait bien lui parler? Stupéfaite, elle laissa tomber l'abricot par terre. Miracle! L'abricot roula et soudain se transforma en une jolie femme. C'était la Fée Abricot!

La Fée tira de ses cheveux une épingle d'or et la mit dans les mains de Xing Chan en souriant:
- Ma fille, vous êtes travailleuse, aimable; alors gardez cette épingle. A l'avenir, si vous vous trouvez dans l'embarras, vous n'aurez qu'à frapper trois fois avec cette épingle et appeler par trois fois "Fée Abricot", je viendrai immédiatement me mettre à votre service. Puis, la Fée, reprenant la forme d'un abricot tout rouge, s'envola jusque sur l'arbre.

Xing Chan grandit et on lui donna pour époux le neuvième fils de la famille Song. Au début du mariage, le nouveau couple vivait en bonne intelligence et témoignait de l'affection aux parents.

En principe, les membres de la famille Song étaient de braves gens; seulement, ils étaient trop nombreux et ne s'entendaient pas très bien. L'un voulait faire quelque chose, l'autre une autre, l'un préférait les mets sucrés, l'autre les mets salés.

Le brave homme de père était incapable de faire obéir ses neuf fils adultes; la mère était très bonne, mais elle ne pouvait pas non plus faire admettre ses idées à ses enfants.

Voyant ses beaux-parents accablés de soucis, Xing Chan leur proposait souvent des idées, celles-ci étaient toujours bonnes et justes. Si sa belle-mère oubliait de faire quelque chose, elle le faisait pour elle, et bien. C'est ainsi que ses beaux-parents s'habituèrent à adopter ses idées.


PARTIE II

Trouvant que leurs beaux-parents préféraient Xing Chan, ses belles-soeurs commencèrent à murmurer et méditèrent de lui jouer des tours.

Un jour, c'était le tour de Xing Chan à préparer la nourriture. Elle mit à bouillir une marmite de riz et une marmite de fromage de soja; sa belle-soeur aînée l'appela alors d'un signe de la main à la porte de la cuisine, pour lui demander de l'aider à tailler des empeignes de souliers.

Dès qu'elle fut partie, la seconde belle-soeur entra, mit des bûches dans le feu et des poignées de sel dans le fromage de soja. Quand Xing Chan revint, le riz et le fromage sentaient le roussi. Après réflexion, elle comprit que c'était ses deux belles-soeurs qui s'étaient jouées d'elle! Sans un mot, elle mit pas mal d'eau dans le riz, et un peu de fécule et d'eau dans le fromage de soja.

A l'heure de déjeuner, les hommes revinrent des champs, les enfants se précipitèrent pour mettre la table, disposer les bancs. Les huit belles-soeurs, debout à côté, se lançaient des clins d'oeil, le sourire au lèvres, en pensant à ce qui allait se passer pour le riz et le fromage roussis. Cependant, Xing Chan apporta en souriant la nourriture de la cuisine et dit:
- Il fait chaud, j'ai préparé la bouillie de riz grillé pour vous rafraîchir, et comme vous avez mangé trop souvent du fromage de soja, cette fois-ci, j'ai fait la bouillie de fromage de soja pour vous changer un peu.

Beau-père, belle-mère, frère aîné, frère cadet, neveux, nièces..., tous les membres de la famille mangèrent avec appétit en complimentant Xing Chan sur sa cuisine. Les deux marmites furent bientôt vides.

Après cette affaire, les belles-soeurs furent convaincues des mérites de Xing Chan; comme elle témoignait beaucoup de respect à ses beaux-parents, une grande sollicitude pour son mari, et qu'elle se montrait aimable et juste avec tous les autres, on la choisit pour diriger la famille, afin de soulager de cette charge ses beaux-parents trop âgés...


PARTIE III

Devenue maîtresse de la maison, elle n'imposait jamais ses ordres, mais toujours modeste, discutait avec ses beaux-frères et ses belles-soeurs pour prendre les décisions. Elle s'entendait à bien distribuer le travail des champs ou celui du ménage.

Les neuf beaux-frères travaillaient au champ et ne s'occupaient de rien à la maison; là, les belles-soeurs se chargeaient du tissage, de la couture et de la préparation des repas. Les adolescents devaient soigner les bêtes de trait, faucher l'herbe, couper du bois à brûler et ramasser le fumier. La belle-mère s'occupait des enfants et le beau-père était chargé spécialement d'aller au marché pour les ventes et les achats.

Ainsi, la famille avait de quoi manger et se vêtir et la vie s'améliorait de plus en plus; on put même reconstruire la maison. Xing Chan se montrait la même pour tous; elle ne favorisait personne.

Dès qu'elle eut pris en charge la maison, l'entente régna dans la famille: Les vieux aimaient les jeunes, qui les respectaient; pas de querelles entre les frères et les belles-soeurs, même les enfants devinrent très sages.

Xing Chan aimait aider ses voisins, quand ces derniers manquaient de riz ou de boi, sans souffler mot, elle leur en prêtait tout naturellement. Les voisins l'avaient donc en grande estime, et ils la donnaient en exemple à leurs filles ou leurs belles-filles.

La bonne réputation de Xing Chan se répandit de bouche en bouche et parvint même jusqu'aux oreilles de l'Empereur. Celui-ci ne pouvant croire qu'il existait une fille si intelligente, envoya un émissaire pour la mettre à l'épreuve. L'émissaire présenta à Xing Chan une amande en lui demandant de la partager entre tous les membres de sa famille. Comment allait-elle s'en tirer?

A la lecture de l'ordonnance impériale, la famille fut frappée de stupeur, mais Xing Chan, sans perdre son sang-froid, prit l'amande de la main de l'émissaire et dit:
- Vous vous êtes donné beaucoup de peine, monseigneur! Allez-vous reposer, je vous prie, dans la salle à manger, et vous verrez comment la famille va se partager votre amande.

Aussitôt, Xing Chan construisit un âtre en briques sur lequel elle installa une grande marmite remplie d'eau. Quand l'eau se mit à bouillir, elle y jeta l'amande puis un peu de sucre. De cette façon, elle put distribuer à chaque membre de la famille un bol de thé à l'amande!

A cette vue, l'émissaire hocha la tête avec admiration. Il retourna rapidement auprès de l'Empereur et fit son rapport:
- Xing Chan n'est pas seulement intelligente et habile, mais aussi belle comme une fée!


PARTIE IV

L'Empereur, vivement intéressé, ordonna alors à son émissaire d'aller enlever cette beauté avec trois milles gardes pour l'amener à la cour. Arrivés au bord du Lac de l'Ouest, les hommes d'armes entourèrent la maison de grand-père Song.

L'émissaire impérial entra et lut l'ordonnance de son maître à la famille. Hommes, femmes et enfants, tremblants de peur, commencèrent à crier et à pleurer; les plus jeunes s'accrochaient aux vêtements de Xing Chan; les hommes se disputaient avec l'envoyé impérial : toute la famille était dans le trouble et la confusion.

Xing Chan fit éloigner ses parents et dit:
- Attendez un instant au dehors, s'il vous plaît! Je vais préparer mes bagages et je vous suivrai.

Une fois entrée dans sa chambre, elle retira l'épingle de ses cheveux et frappa trois fois sur la table en s'écriant :
- Fée Abricot, en ce moment, j'ai des difficultés, pouvez-vous m'aider !

Aussitôt la Fée fit son apparition et lui répondit:
- Je connais vos ennuis; je vais vous faire déménager et vous installer au fond du Lac de l'Ouest; là vous pourrez vivre tranquillement !

Xing Chan acquiesça. D'un coup de sa manche légère, la Fée déchaîna un tourbillon de vent qui emporta les gens de la famille, la maison, les moutons, les vaches, les instruments agricoles au fond du lac.

Le vent impétueux emporta aussi l'émissaire et les gardes impériaux et les dispersèrent çà et là. Les voisins stupéfaits se précipitèrent au bord du Lac de l'Ouest; ils aperçurent encore une cheminée se dressant sur l'eau qui bientôt s'y enfonça tandis que revenaient le calme et la tranquilité. Quant à la famille de Xing Chan, elle arriva saine et sauve au fond du lac.

La famille avait laissé un bon souvenir à ses voisins, et ceux-ci brûlaient de savoir si elle vivait oui ou non dans le lac. Un jour, l'un d'entre eux eut l'idée d'appeler Xing Chan pour lui emprunter une charrue. Miracle ! Au bout d'un petit moment, une charrue apparut sur l'eau.


EPILOGUE

A partir de ce jour, quand quelqu'un avait besoin de quelque chose, il allait le demander à Xing Chan. Lorsque des voyageurs, venus d'une autre province, arrivaient, recrus de fatigue, il leur suffisait de demander à Xing Chan pour avoir bientôt des chaises, des bancs et des tables à leur disposition.

On bénéficia de ce privilège des années durant. Malheureusement, un homme cupide emprunta un jour quatre bancs à Xing Chan, les emporta chez lui et ne les rendit plus. Xing Chan, fut-elle fâchée? En tout cas, elle ne prêta plus ses affaires aux gens, qui, peu à peu, cessèrent de lui demander son aide.

Pourtant, à la saison des abricots, on raconte encore à Hangzhou, combien mademoiselle Abricot était habile, bonne et généreuse.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : L'Histoire de Kechuxun