DRAGON
CHINASTRAL * Astrologie chinoise * Yi- King * Feng Shui
DRAGON

Astrologie
Yi - King
Feng Shui
Hits Chinois


La Fille du Dragon Blanc


PARTIE I

Au lendemain de la séparation entre le Ciel et la Terre, vivaient dans le firmament neuf Dragons gigantesques qui venaient souvent s'amuser dans les nuages multicolores.

Lorsque ceux-là dans leurs ébats s'approchaient de la terre, tout ce qui la couvrait se dessinait sous leurs yeux: Les montagnes, les rivières, les arbres, les plantes et les animaux...

Un jour, ils furent fascinés par une gemme qui sur la terre brillait de tous éclats, tantôt rouges, tantôt verts, tantôt violets. Comme c'était magnifique! La nature voulait que les Dragons aient un faible pour les pierres précieuses, aussi se précipitèrent-ils à qui mieux mieux sur ce trésor pour se l'approprier.

Mais, chose étrange, la pierre qu'ils voyaient si bien depuis le ciel disparut dès leur arrivée sur la terre, submergée dans l'immense forêt. Ne voulant pas revenir bredouille, les Dragons restèrent pour continuer leur recherche.

Le temps passait sans qu'ils s'en aperçoivent, et à force de persister dans la recherche de ce bijou, ils finirent par se métamorphoser en la rivière Lancang. C'est pourquoi on appelle aussi celle-ci la rivière des Neuf Dragons.

A côté de la rivière des Neuf Dragons s'élevait un énorme Pic doré, au pied duquel il y avait une grotte extrêmement profonde nommée Grotte de la roche d'or. Cet endroit étant spacieux et clair, les Dragons décidèrent de l'aménager en un Palais et de s'y installer.

Plusieurs années plus tard, l'un d'eux, le Roi Dragon Blanc, avait mis au monde une petite fille. Celle-ci, très naïve, dynamique et mignonne, avait la peau aussi blanche et fraîche que celle des racines de lotus et ses yeux étaient aussi brillants que les perles.

A l'âge de 16 ans, la fille du Roi Dragon, ennuyée de vivre toujours dans le Palais en dessous de la rivière, sortait souvent des eaux pour jouer.


PARTIE II

Un jour, quand elle fit surface, elle découvrit au bord de l'eau des galets blancs, des sensitives verdoyantes, des fleurs rouges et des arbres aux fruits orangés. Elle s'y plaisait tant et si bien qu'elle en oublia le retour.

D'abord, elle s'en donnait à coeur joie le long de la rivière, puis, désireuse d'aller voir ailleurs, elle parvint, en suivant un sentier sinueux, au sommet d'une montagne au nord de la rivière. Derrière la montagne, elle découvrit une plaine verdoyante couverte de cocotiers, de bambous nains, de palmiers et d'aréquiers très élancés.

Ravie, la fille du Roi Dragon continua à avancer. Arrivée devant la plaine, elle vit des hommes tirant des boeufs à labourer, des femmes repiquer du riz, des corbeilles de bambou sur leur dos, des enfants et des buffles se baigner dans un étang.

Comme la vie sur la terre est joyeuse et animée! ! A cette vue, prise d'une grande passion pour cette existence, elle n'eut plus envie de rentrer au Palais du Roi Dragon.

Juste à ce moment-là, un jeune homme dai conduisant un boeuf qui marchait sur un sentier dans les champs s'approcha d'elle. Il avait environ vingt ans, et était vêtu d'une veste de paysan, d'un pantalon aux jambes retroussées. Il portait un bandeau sur la tête et avait les mains pleines de boue.

En le voyant, la fille du Roi Dragon comprit tout de suite que c'était un homme travailleur et honnête. Elle en tomba amoureuse sans le savoir. Elle alla vers lui et demanda timidement:
- Frère cultivateur, est-ce que tu peux me dire le nom de cet endroit?

Le gars s'arrêta et répondit très poliment:
- C'est la plaine Mengyang des Dai. Soeur, d'où viens-tu? Pourquoi es-tu seule?

La fille du Roi Dragon aurait bien voulu lui dire la vérité. Mais de peur qu'il ne la crût pas, elle répondit de manière détournée:
- Frère cultivateur, j'habite près de la rivière Lancang. Ce matin, je suis allée cueillir des légumes sauvages dans la montagne en bordure de la rivière. Là, je me suis perdue et me voilà arrivée ici par hasard...

A l'entendre parler ainsi, le gars lui dit affablement:
- Veux-tu bien venir te reposer un peu chez moi? Tu dois être très fatiguée. Chez moi, la maison sur pilotis est petite, mais il y a quand même des tabourets de bambou pour les hôtes.

La fille du Roi Dragon baissa la tête, très heureuse, et se laissa conduire par le jeune homme.


PARTIE III

Celui-ci s'appelait Yan Maoyang. Ses parents étaient morts depuis longtemps. Sans soeur ni frère, il vivait seul dans une petite maison de bambou. Il avait travaillé comme gardien de boeufs dès sa tendre enfance et savait déjà labourer la terre à l'âge de 10 ans. C'était un enfant pauvre mais plein de bonté. Lorsque les gens avaient de difficultés. Il suffisait de lui dire un mot pour qu'il leur vienne en aide.

Les villageois le trouvaient tous très sympathique. Plusieurs femmes très attentionnées avaient depuis longtemps l'intention de l'aider à fonder une famille. Mais elles n'avaient pas encore trouvé une fille qui lui soit assortie. Le soleil était déjà couché, et les oiseaux allaient bientôt retourner dans leur nid.

Les villageois, étonnés de voir Yan Maoyang revenir avec une belle fille, vinrent tous sur le balcon pour les regarder. Le gars était un peu gêné, mais point troublé.
"Il est naturel, se dit-il, de ramener à la maison quelqu'un qui s'est trompé de chemin, pourquoi me gênerais-je?"

Revenu à la maison, Yan Maoyang déposa une cuvette d'eau sur le balcon et demanda à la jeune fille de se laver les pieds. Puis, il monta une table ronde en lanières de rotin sur laquelle il mit un bol de riz glutineux, de la soupe aux pousses de bambou et des concombres salés.

- Soeur égarée, dit-il avec tendresse, tu as sans doute faim après avoir jeûné toute une journée, viens vite manger quelque chose!

Voyant que la fille du Roi Dragon avait rougi, et qu'elle avait perdu contenance, il ajouta:
- Ces légumes sauvages et la soupe froide ne sont certes pas très appétissants, mais le riz glutineux est quand même bon, viens en goûter!

- Frère cultivateur, comment vais-je te remercier! s'exclama la fille du Roi Dragon. C'était la première fois qu'elle mangeait la nourriture du monde terrestre, et la trouvait meilleure que celle du Palais du Roi Dragon.


PARTIE IV

Après la repas, il faisait déjà noir. L'orphelin se mit à s'inquiéter. Que peut-il arriver si un homme plein de santé dort avec une belle fille sous le même toit? Mais la nuit l'empêchait de la raccompagner à la maison.

La fille du Roi Dragon était intelligente, elle s'était déjà aperçue de l'angoisse du jeune homme. Elle pensait qu'il était temps de lui dire la vérité maintenant. Aussi lui dit-elle avec franchise et tendresse:
- Frère cultivateur, excuse-moi; je suis en réalité la fille du Roi Dragon, j'habite la Grotte de la roche d'or de la rivière Lancang. Un désir pour lavie humaine m'a incitée à venir ici. Je te supplie de me garder, je me ferai volontiers ta femme et te couvrirai de soin et de tendresse.

A ces mots, Yan Maoyang fut consterné. Comment était-il possible que cette jolie fille soit la fille du Roi Dragon de la rivière Lancang? Sceptique, il l'interrogea et la réinterrogea pour en avoir le coeur net. Mais la jeune fille jura avoir dit la vérité.

Yan Maoyang n'insista plus. Qu'elle dise vrai ou faux, il avait décidé de répondre à la prière de la jeune fille. Aussi lui dit-il sincèrement:
- Fille du Roi Dragon, tu as une âme pure comme une goutte d'eau! Mais je suis un homme très pauvre. As-tu pensé aux difficultés auxquelles tu devras faire face si tu vis avec moi?

- Si on s'aime vraiment, répondit-elle, le plus acide des fruits devient doux dans la bouche des amoureux.

Ils procédèrent au rituel du mariage le soir même.


PARTIE V

Le lendemain, à cette nouvelle, les villageois vinrent les féliciter avec des fleurs, du riz de la dernière récolte et du sucre roux en poudre. Voyant que ce paysans étaient tous très honnêtes et bienveillants, la nouvelle mariée joignit les mains pour leur exprimer ses remerciements sincères:
- Merci mille fois de m'avoir donné le droit d'asile dans votre village malgré ma laideur. A partir d'aujourd'hui, si vous avez des difficultés, je ferai de mon mieux pour vous aider.

Ces paroles comblèrent de joie les villageois qui se mirent à lui exprimer leurs souhaits:
- Eh bien, fille du Roi Dragon, donne-nous plus de pluie, notre village n'a pas assez de source d'eau, le repiquage du riz ne peut se faire sans la pluie, implora un vieillard.

- Et puis, poursuivit une grand-mère, les gens de Mengyang ne savent pas nager ni conduire les radeaux. Lorsque nous avons besoin de rendre visite à des parents sur l'autre rive de la rivière, est-ce que tu pourrais nous aider à franchir la rivière?

La nouvelle venue y consentit avec joie. Depuis lors, dit-on, le temps devint très favorable pour la riziculture dans le village Mengyang. Lorsque les gens de Mengyang avaient envie d'aller au village Jinghong, il leur suffisait de crier: "Je suis du village Mengyang, que la fille du Roi Dragon ait la gentillesse de m'aider à traverser la rivière", pour qu'un pont apparaisse sur la rivière.

Un an plus tard, la fille du Roi Dragon était enceinte. les villageois venaient souvent la voir à la maison, lui souhaitant de mettre au monde un bébé bien en chair sans difficulté. Mais juste à ce moment-là, se produisit un événement catastrophique.


PARTIE VI

Afin de se faire construire un autre Palais, le nouveau chef du village Jinghong ordonna à tous les hommes du village d'aller abattre le bois dans les montagnes.

Un mois après, ils en avaient déjà réuni une quantité suffisante. Mais au moment de traverser la rivière, les radeaux de bambou furent renversés par les vagues et toute la cargaison de bois tomba dans la rivière Lancang.

Les batelliers, plusieurs milliers, s'employèrent à repêcher tout ce bois pendant quatre-vingt-dix-neuf jours mais ce fut peine perdue. Comment faire? Le chef du village Jinghong était très inquiet, quand un homme très intelligent vint lui proposer une idée.
- Monseigneur, lui dit-il, je vais souvent au village Mengyang pour rendre visite à des parents. J'ai appris là qu'un jeune homme a épousé la fille du Roi Dragon. Si on faisait appel à cet homme, peut-être retrouverait-on facilement le bois perdu dans la rivière?

A ces mots, le chef fit appeler immédiatement Yan Maoyang.

Celui-ci était un homme de coeur. Il était toujours serviable. mais cette fois-ci, il hésita, car sa femme, enceinte de neuf mois, allait bientôt accoucher. Mais le messager l'implora tant et plus:
- Si nous ne pouvons pas ressortir le bois, le chef de notre village va nous battre jusqu'à la mort. Aie pitié de nous, et aide-nous à nous en sortir.

La fille du Roi Dragon en était touchée. elle dit à son mari:
- Va, mon cher mari. Aider les autres à surmonter les difficultés est notre devoir. Les villageois s'occuperont de moi, sois tranquille!

Les paroles de son épouse le rassurèrent. Il se rendit alors au village Jinghong en compagnie du demandeur du secours.


PARTIE VII

Après le départ de son mari, la fille du Roi Dragon vint furtivement au bord de la petite rivière du village Mengyang. Là, elle pria le génie de la rivière de dire au Roi Dragon d'aider son mari à rapporter les bois coulés le plus tôt possible.

Le Roi Dragon de le rivière Lancang, pour faire plaisir à sa fille, envoya sur-le-champ de nombreux poissons et écrevissez assister Yan Maoyang au repêchage. En moins d'une demi-journée, ils réussirent à ressortir de l'eau plus d'un millier de troncs d'arbres. Les gens du villageJinghong en étaient époustouflés:
"Oh, disaient-ils, c'est miraculeux! Seul le gendre du Roi Dragon est capable de faire ça!"

Mais quelqu'un avait fait part de ces paroles au chef du village Jinghong. Convaincu des talents de Yan Maoyang, celui-ci reconnut que personne dans le village Jinghong n'était aussi capable que lui. Mais juste à ce moment-là, un homme lui murmura à l'oreille:
- Mon respectueux maître, le jour de votre mort est proche!

Le chef écarquilla les yeux et demanda:
- Qu'est-ce qu'il y a? Quelqu'un tente-t-il de me tuer?

L'homme répondit avec astuce:
- Pas maintenant, mais il faut prendre garde! Réfléchissez bien, Yan Maoyang est mille fois plus fort que vous, s'il a l'intention de devenir, à votre place, le chef du village Jinghong, êtes-vous capable de vous mesurer avec lui?

- Alors que faut-il faire à ton avis? demanda le chef d'un ton anxieux.

- Le mieux serait de le tuer avant qu'il se doute de quoi que ce soit, répondit l'homme en sortant son sabre.

Le chef secoua la tête, se voyant mal de payer son bienfaiteur d'ingratitude. Mais aussitôt une autre idée prit le dessus dans sa tête:
"le chef du village Jinghong doit être un homme du village, il ne faut pas céder ce poste à un homme du village Mengyang. Le mieux serait de passer à l'acte le premier."

Alors il fit arrêter Yan Maoyang dans l'intention de le traîner dans la forêt pour le décapiter. A cette nouvelle, les gens du village Jinghong qui habitaient en bordure du chemin où devait passer le codamné vinrent intercéder en sa faveur auprès de leur chef et le dissuadèrent d'agir à la légère.

Mais celui-ci ne l'entendait pas de cette oreille et trancha la tête de Yan MaoYang d'un coup de sabre.


PARTIE VIII

Lorsqu'elle apprit la mort de son mari, la fille du Roi Dragon s'évanouit dans le lit. Grâce aux soins des villageois, elle revint peu à peu à elle. Dans sa colère, elle dit:
- Je ne m'attendais pas à ce qu'il existe des hommes si méchants dans ce monde. Mon mari a eu la gentillesse d'aller les aider. Mais au lieu de lui en être reconnaissants, ils l'ont tué, je ne leur pardonnerai pas!

La nuit même, elle retourna dans le Palais du Roi Dragon Blanc, son père, pour lui faire part de son malheur. Celui-ci pris de fureur, ordonna immédiatement aux soldats des écrevisses de jeter quantité de grosses pierres dans la rivière Lancang.

Aussitôt les eaux de la rivière commencèrent à couler à reculons et en un rien de temps, inondèrent le village Jinghong et ses rizières. Le chef et les habitants se sauvèrent vers les sommets des montagnes où ils se nourrirent de feuilles d'arbres et de fruits sauvages.

- Pourquoi les eaux de la rivière montent-elles si vite, alors qu'il n'y a même pas une goutte de pluie? s'interrogea le chef du village Jinghong qui escomptait que cette catastrophe serait de courte durée.

Mais huit ou neuf jours passèrent sans un signe de décrue. Les sinistrés avaient mangé toutes les feuilles d'arbres et tous les fruits sauvages et risquaient cette fois de mourir de faim. Alors un vieillard dit au responsable:

- Tu as eu tort de tuer le bon homme qui nous a aidés à repêcher le bois. Te rends-tu compte que ta méchanceté qui a provoqué la colère de la fille du Roi Dragon est indirectement la cause de cette apocalypse! La seule issue qui te permette de survivre est d'aller reconnaître tes crimes devant la jeune veuve.


PARTIE IX

Le chef comprit enfin les causes de ce malheur. Il regretta beaucoup son imprudence et fit faire un radeau de bambou qu'il conduisit vers les montagnes sur l'autre rive en compagnie de ses conseillers.

Là, descendus du radeau, ils se rendirent à pied au village Mengyang pour demander pardon à la fille du Roi Dragon:
- Fille du Roi Dragon, dit le chef du village Jinghong, le brouillard a obstrué ma vue, comme je m'en veux d'avoir tué ton mari à l'instigation de méchants. Tue-moi si tu veux, mais je te supplie de ne pas noyer les habitants du village Jinghong.

La fille du Roi Dragon lui jeta un regard furieux, lui reprocha son ingratitude et lui demanda de lui rendre son mari. Incapable d'accéder à cette demande, le chef ne savait qu'implorer la clémence. Ce ne fut qu'après avoir longuement pleuré que la fille du Roi Dragon se calma.

Alors le chef lui dit:
- Fille du Roi Dragon, si tu nous pardonnes, et que tu laisses les villageois de mon village vivre tranquillement, nous nous ferons un plaisir de te nourrir de génération en génération.

La fille du Roi Dragon, malgré sa tristesse et son indignation, n'avait pourtant pas le coeur de noyer tous les habitants du village Jinghong. Elle y consentit. Le soir même, elle revint dans le Palais du Roi Dragon pour demander à son père de faire enlever le barrage de pierres de la rivière.

Le lendemain matin, les eaux de la rivière ayant retrouvé leur cours original, les villages et les champs émergèrent de nouveau de l'immensité des eaux.

Depuis lors, pour exprimer leur reconnaissance, les gens du village Jinghong considèrent la fille du Roi Dragon comme le génie de leur village et vont la vénérer chaque année au bord de la rivière.

On raconte ainsi que, peu après son retour au Palais du Roi Dragon, elle avait accouché d'un gros bébé. Elle avait eu besoin d'oeufs pendant la maternité. C'est pourquoi au moment où les gens du pays viennent rendre hommage à la fille du Roi Dragon, on lui apporte comme offrande cent-vingts oeufs de différentes couleurs.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : Le Mariage du Dragon et du Phoenix