DRAGON
CHINASTRAL * Astrologie chinoise * Yi- King * Feng Shui
DRAGON

Astrologie
Yi - King
Feng Shui
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Yandi, Dieu du Soleil


PARTIE I

On sait que, sur ordre de l'Empereur Céleste, Yi descendit sur terre pour abattre neuf des dix soleils et sauver ainsi l'humanité. Qu'advint-il alors du dernier soleil?

La chute de ses neuf frères lui avait causé une grande frayeur. Au début, il n'osait point être paresseux et négligent dans son travail. Le matin, il se levait de bonne heure et, d'est en ouest, traversait l'immense voûte céleste.

Néanmoins, à la longue, il commença à se ménager. Tantôt il s'amusait dans le lac Tanggu, en différant son départ pour le ciel; tantôt il se réfugiait tout simplement dans l'arbre Fusang et y dormait paresseusement, restant parfois dix à quinze jours sans se lever.

Dans de pareils cas, il n'y avait plus ni nuit ni jour dans l'univers; il y régnait une obscurité totale. Dépourvus de soleil, herbes, fleurs, arbres et plantes, commençaient à se flétrir, la température s'abaissait et il faisait terriblement froid.

Hommes, bêtes et oiseaux, grelottant de froid, se recroquevillèrent en attendant la mort. Si cette situation avait continué, tous les êtres vivants auraient été exterminés et il ne serait resté qu'un monde désert et glacé.

Informé de la catastrophe imminente, l'Empereur Céleste envoya immédiatement un génie dans les régions orientales. Chaque jour, il devait réveiller le Soleil puis, monté dans son carrosse céleste tiré par six Dragons, il le suivait dans sa course et le faisait accomplir en temps voulu son trajet quotidien.

C'est ainsi que le génie Yandi, chargé spécialement de surveiller le Soleil, devint désormais le Dieu du Soleil. Habitant avec le Soleil à l'Est, on le nommait également le Souverain de l'Orient.

Yandi était un Génie majestueux et martial. Vêtu d'un tunique verte et d'un longue robe blanche, il tenait dans la main gauche un rameau de ruomu, bois immortel et lumineux poussant dans les régions occidentales dont il se servait soit comme fouet pour chasser le Soleil devant lui, soit comme plumeau pour l'épousseter quand il était terni par les nuages, le brouillard ou la poussière.


PARTIE II

Dans la main droite, Yandi tenait un arc gigantesque sur la corde duquel était tendue en permanence une longue flèche effilée et tranchante destinée, le cas échéant, à abattre le Loup Céleste. On dit que dans le ciel, tout comme sur terre , vivent des bêtes nuisibles.

Le Loup Céleste était l'une de ces bêtes monstrueuses et féroces. Il se cachait dans le ciel pour dévorer les étoiles. Lorsqu'il rencontrait le Soleil ou la Lune, et s'il était affamé ce jour là, il était même capable d'en dévorer un morceau. Aussi Yandi était-il également chargé de la protection du Soleil.

Pour que le Soleil se réveillât à l'heure chaque matin et qu'il ne manquât pas à son devoir, l'Empereur Céleste envoya sur terre le Coq de Jade, qui s'installa sur le faîte de l'arbre Fusang où le soleil passait la nuit.

Son plumage était blanc et luisant, son bec et ses pattes dorés et sa crète pourprée. Son chant s'entendait de très loin . Vif et alerte, il se réveillait toujours le premier à l'aube et, perché sur la plus haute branche, le coup tendu, il poussait de retentissants cocoricos, immédiatement suivis par ceux de tous les coqs de la terre. Ainsi le Soleil ne pouvait-il pas ne pas se réveiller. Conduisant son carosse céleste, Yandi faisait partir le soleil du lac Tanggu pour accomplir sa tâche quotidienne.

Arrivé à l'Ouest, le Soleil descendait sans se presser derrière le mont Yanzi. Là se trouvait un autre grand lac, le lac Mengshui, où le Soleil pouvait prendre un bain pour chasser la fatigue d'une longue journée de travail. Puis, il se laissait glisser au fond de l'abîme Yu qui communiquait avec le lac Tanggu. Porté par le courant, il arrivait rapidement au lac Tanggu, et montait sur l'arbre fusang pour y dormir à son aise, jusqu'au prochain chant du coq.

Par leur parcours quotidien dans le ciel, Yandi et le Soleil apportaient la lumière et la chaleur aux hommes et à tous les êtres vivants. Grâce à eux, le monde était devenu riche et beau. Aussi étaient-ils l'un et l'autre vénérés par les hommes.


PARTIE III

Un jour, Yandi cheminait dans le ciel comme d'habitude au bord de son somptueux carrosse, quand, en traversant la Rivière des Eaux pourpres, les six Dragons levèrent la tête et refusèrent d'avancer.

Les eaux limpides de la rivière leur avaient donné soif. Pourquoi l'appelait-on la rivière des Eaux pourpres? Parce que la rivière prenait sa source dans les monts des Pêchers, sur les sommets et les pentes desquels poussaient d'innombrables pêchers.

Au printemps, lorsque ces arbres fleurissaient, les eaux de la rivière se teintaient de pourpre par les reflets des fleurs de pêchers. En voyant ses Dragons assoiffés, Yandi arrêta son carrosse et mena les animaux jusqu'au bord de la rivière pour les abreuver.

C'est alors que non loin de là , un son mélodieux se fit entendre. C'était comme le murmure d'une source de montagne. la mélodie était agréable, bien que mélancolique. Yandi regarda en direction du bruit et vit une jolie jeune fille, assise solitaire auprès d'une source, en train de jouer de la cithare.

Cette jeune fille s'appelait Ting Yao. C'était la fille de la Déesse de la rivière des Eaux pourpres. Elle habitait toute seule d'un bout de l'année à l'autre dans la montagne. Chaque fois qu'elle se sentait solitaire, elle allait s'asseoir près de cette source pour jouer de la cithare.

Accompagnés du murmure de la source, les sons de sa cithare évoquaient des plaintes mélancoliques et s'entendaient de loin. Ceux qui les avaient entendus appelaient cet endroit la source de la Tristesse.

Yandi s'approcha discrètement et, appuyé contre un rocher, il écouta sans faire de bruit. Hypnotisée par la musique, la jeune fille ne s'aperçu pas de la présence de Yandi. Elle jouait merveilleusement bien, et la mélodie était envoûtante. Dans les passages mélancoliques, la musique était si émouvante que même les plantes et les fleurs de pêchers en étaient touchées jusqu'aux larmes. A la fin du morceau, Yandi ne put s'empêcher de s'exclamer:
- Ah! Que c'est beau et bien joué! Cela m'a touché jusqu'au fond du coeur.


PARTIE IV

La jeune fille se retourna et vit un jeune homme majestueux en train de la regarder. Rougissante, elle voulut se retirer tout de suite avec sa cithare.

Votre musique est vraiment belle et touchante, mais tellement mélancolique! Pourquoi une telle tristesse? Demanda Yandi avec compassion.

Timide, Ting Yao hésitait à ouvrir son coeur solitaire et triste à un inconnu, surtout à un jeune homme et, pour toute réponse, elle lui sourit tendrement, puis baissa la tête.

- Regardez comme le spectacle du printemps est coloré et comme la terre est animée! Les oiseaux chantent joyeusement dans les arbres, les poissons nagent librement dans les eaux et les hommes profitent du beau temps pour semer et planter leurs champs. Caressés par le vent printanier, les plantes et les arbres croissent librement. Jouez plutôt un morceau gai, voulez-vous?

Et Yandi, dont l'optimisme et la largeur d'esprit dominaient le caractère, rit franchement.

Les paroles de Yandi pénétrèrent dans le coeur de la jeune fille comme des rayons de soleil et l'impressionnèrent beaucoup. Elle leva la tête et le regarda. Son air franc, son sourire optimiste et son tempérament vigoureux firent naître en elle un sentment doux et léger. Mais très timide, elle ne voulait pas montrer le changement intérieur de ses pensées. Tête baissée, les doigts sur les cordes de sa cithare, elle recommença à jouer. Et ce fut le miracle. La mélodie jaillie de sa cithare était non seulement joyeuse, mais inspirait aussi l'espoir...

Hélas, Yandi avait une tâche importante à accomplir et ne pouvait s'attarder davantage. Il sourit à la jeune fille, lui dit au revoir et se hâta de se remettre en route.

Ce jour-là, tout le long du chemin, le dieu du Soleil crût entendre la cithare de Ting Yao tout près de lui, et voir la belle silhouette de la jeune fille sautiller sans cesse devant ses yeux. Yandi était tombé amoureux de la jeune fille.

Depuis lors, chaque fois qu'il passait par là, il s'arrêtait quelques instants sous prétexte d'abreuver ses Dragons ou de reprendre haleine, en fait pour le plaisir de bavarder avec Ting Yao et l'écouter jouer de sa cithare.

La présence de Yandi rendait toujours plus gaie la jeune fille. D'ores et déjà, les sons de sa cithare n'étaient plus sombres et tristes, mais pleins d'ardeur et d'espoir...

C'est ainsi qu'ils s'aimèrent, puis se marièrent. Ils vécurent dans l'affection et le respect mutuel. Ting Yao mit au monde trois enfants: Un fils, Yan Ju, et deux filles Yao Ji et Nü Wa.

Yan Ju ne laissa aucune légende derrière lui. Quant aux destins de Yao Ji et de Nü Wa, ils nous sont contés dans les légendes Chang E s'envole vers la Lune et Jingwei comble la mer.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : Chang E s'envole vers la Lune