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Le Souverain Millet


PARTIE I

Il était une fois une femme qui s'appelait Jiang Yuan. Elle était bienveillante et travailleuse. Mais à 40 ans, elle n'avait toujours pas eu d'enfant et menait une vie solitaire.

Une année, tandis que les hirondelles annonçaient le printemps, elle alla comme d'habitude porter des offrandes au temple de l'Empereur Céleste en le priant d'exaucer son désir d'avoir un enfant. Sur le chemin du retour, elle vit une grande hirondelle s'envoler en criant. Une petite la suivait, voletant tantôt devant, tantôt derrière. la grande hirondelle apprenait à la petite à voler et à chercher sa nourriture. Jiang Yuan les admira un long moment. Comme ce devait être merveilleux d'avoir un enfant!

Jiang Yuan avançait perdue dans ses réflexions quand tout à coup, elle aperçut sur le chemin l'empreinte d'un pas géant. La trace était immense et le gros orteil à lui seul était aussi grand qu'un homme. Elle resta un moment interdite devant cette trace de pas qui lui barrait la route. puis, avec d'infimes précautions, elle posa un pied sur la trace de l'orteil. Elle sentit alors une grande force envahir tout son corps. Aussi effrayée qu'étonnée, elle raconta son aventure à ses voisins qui risquèrent les prédictions les plus sombres :
- C'est un mauvais présage, vous serez frappée par le malheur!

- Vous avez dû offenser l'Empereur Céleste! Sinon, pourquoi ce phénomène étrange se serait-il produit?

Tous ces avis mirent Jiang Yan mal à l'aise et la tourmentèrent beaucoup.

Or, dans le voisinage, vivait un vieux sage. Quand on rencontrait des difficultés, on allait lui demander conseil. Jiang Yuan se rendit un jour chez lui et raconta son aventure.

Le vieillard réfléchit un moment, puis lui dit aimablement :
- Le retour des hirondelles annonce le printemps. L'Empereur Céleste ne peut faire de mal à une femme aussi travailleuse et dévouée que vous. La trace de pas géante que vous avez piétinée est un arrangement du Dieu céleste. Vous aurez un enfant bientôt.

Les paroles du sage rassurèrent Jiang Yuan, mais elle restait néanmoins troublée.


PARTIE II

Le temps passa. la petite hirondelle s'envola vers le sud. Un jour enfin, Jiang Yuan mit au monde un gros garçon. La nouvelle se répandit rapidement, déclenchant à nouveau des avis pessimistes :
- C'est vraiment étrange! Sa mère l'a accouché trop facilement, c'est mauvais signe!

- Ce garçon va nous attirer des ennuis, il faut s'en débarrasser immédiatement!

Et malgré les protestations et les supplications de la mère, on emmena l'enfant. Jiang Yuan en avait le coeur brisé.

Sachant que des troupeaux de moutons et de boeufs passaient chaque soir au même endroit sur le versant d'une montagne, on abandonna l'enfant dans le passage.

Au coucher du soleil, des centaines de moutons et de boeufs dévalèrent de la montagne en troupeau serré. Le nouveau-né allait être piétiné par les sabots. Mais lorsque le mouton et le boeuf de tête arrivèrent devant l'enfant, ils s'arrêtèrent net et firent un détour pour l'éviter. Le reste du troupeau les suivit. Ainsi l'enfant fut-il indemne.

Stupéfaits de ce prodige, les villageois ramenèrent l'enfant et décidèrent de l'abandonner dans la forêt le lendemain matin. Or, cette nuit-là, une neige abondante ensevelit la région. La température tomba d'un seul coup. Aussi, le lendemain, nombreux furent ceux qui se rendirent dans la forêt chercher du bois pour construire ou réparer leur maison en prévision du mauvais temps. De peur qu'on ne retrouvât trop vite l'enfant, on décida de l'abandonner sur le fleuve gelé.

La neige tombait à gros flocons, il faisait un froid glacial. L'enfant fut déposé sur la glace. Mais après le départ des gens, une multitude d'oiseaux s'envolèrent de toutes les directions, décrivirent un large cercle dans le ciel et descendirent en déployant leurs ailes, comme un immense parapluie. Abrité sous les ailes des oiseaux, l'enfant engourdi pleurait très fort et ses cris se faisaient entendre au loin.

Jiang Yuan l'entendit et en eut le coeur brisé. Au mépris de tout, elle alla chercher son enfant et le ramena chez elle. Lorsque les villageois virent que l'enfant avait encore survécu, ils n'insistèrent plus, mais ils le méprisèrent et l'appelèrent "l'enfant abandonné".


PARTIE III

Grâce aux soins de sa mère, l'enfant grandit rapidement. Comme elle, il aimait travailler. Quand il jouait à cache-cache, il recueillait des semences de céréales sauvages et les replantaient en observant comment les plantes germaient, grandissaient et mûrissaient. Le millet qu'il avait semé était beaucoup plus vigoureux que le millet sauvage, et les épis dorés emportaient la préférence des gens.

L'enfant grandit et devint un homme intelligent, honnête et travailleur. Sa mère l'avait nommé Hou Ji - le Souverain Millet.

Auparavant, personne ne savait cultiver les céréales. On chassait tous les jours du gibier, déterrait des racines et cueillait des fruits sauvages. Quand les bêtes et les fruits se faisaient rares, on était obligé de déménager pour trouver ailleurs de quoi manger. Pour apaiser sa faim, on devait parfois parcourir de longues distances. Beaucoup mourraient dévorés par des fauves ou empoisonnés par des fruits exotiques.

Aussi Hou Ji avait-il fait le voeu de changer la vie misérable du peuple. Au printemps de cette année Hou Ji attacha une pierre et un os de buffle à un bâton, et fabriqua les premiers instruments agricoles. Avec ses outils, il laboura la terre, choisit de bonnes semences de millet recueillies l'automne précédent, sema et arrosa consciencieusement son champ.

Peu de temps après, les jeunes plants sortirent de terre. Hou Ji travaillait chaque jour avec ardeur, au mépris du vent, de la pluie et du soleil. Tantôt il désherbait, tantôt il arrosait, tantôt il éclaircissait les plans. Ni les épreuves ni la fatigue ne le découragèrent.


PARTIE IV

L'automne arriva. Les épis dorés étaient gros comme des queues de renard. Le sorgho rouge, les haricots verts et les pastèques mûrirent successivement. Lorsque Hou Ji les fit goûter à ses voisins, tout le monde trouva que ces légumes et céréales étaient biens meilleurs cultivés que sauvages.

La nouvelle se répandit vite. Nombre de gens entourèrent Hou Ji et lui demandèrent comment il s'y était pris :
- Chaque printemps, disaient-ils, l'Empereur Céleste fait pousser des céréales et des fruits, mais ils ne supportent pas la comparaison avec les tiens. D'où vient ce prodige?

Hou Ji leur répondit:
- Oui, l'Empereur Céleste nous envoie à manger des céréales et des fruits. Mais il nous a donné aussi, à chacun d'entre nous, une tête et deux mains. Si nous réfléchissons et travaillons, nous pourrons certainement produire ce que le Dieu céleste a créé pour nous."

La plupart des gens l'approuvèrent, mais quelques-uns restèrent sceptiques, convaincus que c'était l'Empereur Céleste qui avait fourni Hou Ji en grains de bonne qualité. Cependant, beaucoup vinrent demander à Hou Ji de leur apprendre à planter les céréales, car cela représentait un énorme progrès pour la vie du peuple.

Hou Ji était bienveillant et modeste. Il leur apprit à choisir les semences, labourer la terre, semer, désherber et moissonner. Ceux qui suivirent ses conseils obtinrent de bons résultats.

Dès lors, la culture des céréales se développa. Inutile désormais de chasser le gibier dans les hautes montagnes, de se nourrir de fruits sauvages ou de feuilles d'arbres. Inutile non plus de déménager sans cesse. On pouvait construire une maison solide et entreposer des céréales. La vie du peuple était assurée.

Plus tard, l'histoire de Hou Ji arriva aux oreilles de l'Empereur Yao. Ce dernier le respecta beaucoup et l'éleva au titre d'agronome.


EPILOGUE

Hou Ji ne cessa de travailler avec le peuple, fit des expériences sur la plantation des céréales et inventa un grand nombre d'instruments agricoles. Avec son frère Tai Xi et son neveu Shu Jun, il dompta les buffles sauvages pour en faire des boeufs de labour, diminuant ainsi la peine des paysans. Dès lors, les techniques de labourage se développèrent rapidement.

Hou Ji mourut à l'âge de cent ans, deux cents ans au dire de certains. Il apporta une immense contribution à la vie du peuple. Pour honorer Hou Ji, on l'enterra dans un site pittoresque entouré d'eaux limpides et de montagnes vertes.

Au printemps et en automne de chaque année, avant la saison des semences et après celle des moissons, hommes, femmes, enfants et vieillards de tout le pays venaient en groupe devant le tombeau de Hou Ji. Ils dansaient chantaient et offraient au défunt les fleurs les plus belles, les épis de millet les plus vigoureux, les fruits les plus gros.

Fin de cette Histoire.

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