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Shen Nong découvre la Médecine


PROLOGUE

Dans les temps reculés, la vie était très dure. Pour survivre, les hommes devaient chaque jour traverser de hautes montagnes et de profondes rivières, braver le soleil ardent en été et le froid rigoureux en hiver, et courir toutes sortes de dangers pour chasser les bêtes féroces et cueillir les fruits sauvages. Cependant, malgré toutes ces difficultés, l'homme ne connaissait guère les affres de la maladie et n'était jamais alité.

Pour quelle raison l'humanité fut-elle victime de toutes ces épidémies et ces maladies que nous connaissons encore aujourd'hui?


PARTIE I

Il était une fois, dans les lointains monts Kunkun, à l'ouest de la Chine occidentale, un royaume qui s'appelait le Royaume de l'Ouest. La Reine Mère d'Occident, qui régnait sur ce territoire, avait installé sa demeure sur la montagne de Jade majestueusement dressée au centre du royaume.

Au sommet de cette montagne jaillissait une source aux eaux pures et limpide qui alimentaient le célèbre Etang de Jade mentionné dans plusieurs légendes chinoises. Le climat y était doux pendant les quatre saisons de l'année et l'on trouvait sur ses rives toutes sortes de fleurs rares, de plantes originales et d'animaux précieux.

C'était là également qu'on cultivait les fameuses "pêches d'immortalité", dont les arbres se nourrissaient des poussières de jade tombées de la montagne et de l'eau de l'Etang de Jade, et ne fleurissaient et fructifiaient qu'une seule fois tous les trois milles ans. Il suffisait de manger un seul de ses fruits pour ne jamais vieillir.

Au sommet de la Montagne de Jade se dressait un luxueux Palais; c'était la demeure de la Reine. Celle-ci avait pour la servir trois grands oiseaux à tête rouge, aux yeux noirs et au plumage vert : Grand Li, Jeune Li et L'Oiseau Vert. Grand Li se chargeait de ramener quotidiennement de la montagne des fruits délicieux servis aux repas de sa maîtresse. Jeune Li transportait chaque jour de l'eau de l'Etang dans une cruche de jade pour désaltérer la reine. L'Oiseau Vert s'occupait quant à lui du transport du courrier royal.

Outre ses trois fidèles serviteurs, elle avait encore à ses ordres un oiseau à trois pattes, aux yeux perçants et aux serres tranchantes, qui assurait jour et nuit la garde du Palais.

L'Empereur Céleste avait chargé la Reine Mère d'Occident de soigner les précieuses "pêches d'immortalité" et de garder hermétiquement closes les portes des trois cavernes situées dans les monts Kunlun.

Dans ces trois cavernes étaient enfermés toutes sortes d'insectes venimeux et d'animaux porteurs de maladies contagieuses qui auraient menacé l'Humanité entière si on les avait laissé sortir. Aussi avait-on fermé ces portes avec d'énormes serrures en pierre.

Du reste, les jointures des portes et les trous des serrures recouverts de rouille et de moisissures confirmaient que les portes étaient restées closes depuis des millénaires.


PARTIE II

Mais un incident inattendu survint.
Un jour, en passant devant le trois cavernes, l'Oiseau à trois pattes entendit des murmures et des plaintes poussés par les insectes et les animaux enfermés. Curieux, il s'approcha alors d'une caverne et tenta d'y jeter un coup d'œil. Sachant à qui ils avaient affaire, les prisonniers l'implorèrent d'ouvrir la porte et de les laisser partir.

- Non, fit l'Oiseau à trois pattes, vous pourriez causer des troubles. D'ailleurs, c'est l'Empereur Céleste lui-même qui a ordonné votre captivité. De toutes façons, je ne puis vous ouvrir la porte, car c'est la Reine qui détient les clés.

- Alors, tu pourrais nous laisser juste une petite fente pour que nous puissions prendre un peu d'air. Tu sais, on étouffe là-dedans. Oh, tu serais si généreux...

- Non, répliqua l'Oiseau, vous allez en profiter pour vous enfuir.

- Sois tranquille, nous ne te compromettrons pas. Tout ce que nous demandons, c'est d'avoir un peu d'air, supplièrent les animaux, tout en poussant des cris déchirants.

Crédule et sensible, l'Oiseau à trois pattes se laissa fléchir et s'envola vers la chambre de la Reine pour prendre la clé.

La Reine était en train de dormir. L'Oiseau à trois pattes ouvrit silencieusement l'une des grandes boîte de pierre, et en sortit une clé de pierre pesant plusieurs dizaines de livres. Puis il retourna à la caverne et ouvrit la serrure.

A peine l'Oiseau à trois pattes avait-il entrouvert la porte qu'une nuée d'insectes venimeux et d'animaux néfastes se précipita vers la sortie. L'Oiseau chercha aussitôt à bloquer le passage, mais il était déjà trop tard. De toute la force de leurs ailes et de leurs pattes, ils s'enfuirent dans toutes les directions et disparurent en un tournemain.

Informée de ce qui s'était passé, la Reine fut aussi désolée que furieuse. Sans aucun retard, elle fit jeter en prison l'Oiseau à trois pattes , et envoya Quiongqi, Tenggen et dix autres de ses plus habiles vassaux rattraper les animaux en fuite.

Hélas! toute tentative s'avérait vaine. Tous les animaux s'étaient déjà infiltrés dans le monde des humains et avaient disparu sans laisser de traces.

Depuis lors, maladies et épidémies firent leur apparition et se répandirent dans le monde entier. Heureusement, seule l'une des trois cavernes avait été ouverte. Si tous les animaux néfastes s'étaient échappés, l'humanité aurait eu à souffrir de maux encore plus graves.


PARTIE III

A cette époque vivait un certain Shen Nong, un homme intelligent, travailleur et soucieux du bonheur d'autrui. On disait qu'il avait inventé l'Agriculture.

A l'origine en effet, on avait eu recours à la Chasse pour assurer sa subsistance. Mais la population s'était accrue et le nombre d'animaux avait diminué; on avait dû alors chercher dans la terre inculte des plantes sauvages pour apaiser sa faim. Néanmoins, cela restait insuffisant pour garantir la survie de l'espèce humaine.

C'est alors que le brave homme s'était mis à défricher la terre autour de sa maison, et à cultiver des céréales à titre expérimental. Les résultats obtenus avaient prouvé que les céréales ainsi cultivées présentaient un grand avantage tant dans leur croissance que dans leur récolte, et qu'on pouvait ainsi assurer sa subsistance toute l'année en les stokant. C'est pour cette raison que Shen Nong était considéré comme le Dieu de l'Agriculture.

Shen Nong s'inquiétait beaucoup des souffrances du peuple. Que faire? N'y avait-il pas quelques plantes médicinales capables de soigner les maladies? Mais parmi les milliers d'espèces poussant sur terre, lesquelles étaient utiles? Et quelles maladies pouvaient-elles guérir? Jusque là, personne n'avait jamais étudié cette question.

Dans l'espoir de sauver l'Humanité, Shen Nong décida alors d'analyser toutes les espèces de plantes afin de découvrir leurs propriétés nocives ou bénéfiques.

Sa résolution prise, Shen Nong passa alors des années entières à se promener dans les montagnes à la recherche de simples plantes, dont il étudiait consciencieusement les caractéristiques et en expérimentait les effets.


PARTIE IV

Le monde végétal a une très grande diversité. Certaines plantes ont une saveur acide, d'autres sucrée, amères, piquantes ou salée. Les unes peuvent provoquer un accès de fièvre, les autres une action fébrifuge. Certaines favorisent la lucidité de l'esprit, d'autres peuvent réduire les enflures ou apaiser le souffrance. Il existe également des plantes vénéneuses dont l'absorption d'une faible dose suffit à empoisonner ou à plonger un individu dans le coma.

C'est ainsi que Shen Nong s'empoisonna soixante-dix fois de suite en une seule journée pour mener à bien ses recherches sur les plantes vénéneuses. Certes, les doses qu'il absorba étaient minimes et il revint à lui après chacun de ses évanouissements, mais cela n'en demandait pas moins une profonde abnégation de sa part.

Mis au courant des recherches de Shen Nong, l'Empereur Céleste s'en émut. Pour le remercier de son dévouement, il lui fit cadeau d'un fouet magique de couleur ocre, grâce auquel on pouvait reconnaître immédiatement le caractère d'une plante.

Il suffisait de frapper un coup sur une plante avec le fouet pour que celui-ci changeât de couleur selon les propriétés de cette plante. Si le fouet devenait rouge, la plante produisait certainement un effet calorifique; s'il passait au blanc, c'est qu'il s'agissait d'une simple plante sans aucun effet médicinal. Mais si le fouet devenait noir, on savait alors qu'on avait affaire à une plante vénéneuse qu'il ne fallait surtout pas absorber.

Inutile de dire quelles commodité et sûreté offrait cet instrument extraordinaire dans la recherche de simples végétaux.

La culture des céréales et l'utilisation des plantes médicinales furent deux grands événements qui ont profondément marqué la vie de l'homme. Aussi n'est-il pas étonnant que Shen Nong jouisse d'un si grand respect depuis des milliers d'années.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : Lu Ban, Premier Maître des Charpentiers