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La Légende du Papier Découpé de Yangzhou


PARTIE I

Le papier découpé de Yangzhou a une histoire de plus de mille ans. Il est célèbre pour son style clair et frais, ses lignes coulantes et ses formes gracieuses et vivantes.

Mais pourquoi le papier découpé de Yangzhou est-il si réputé? Les vieux disent qu'il était une fois, dans la ville de Yangzhou, une petite orpheline dont personne ne savait le nom. On l'appelait la "Fille des Fleurs" parce qu'elle vivait de son art du papier découpé.

Un jour, la Fille des Fleurs partit de bonne heure pour vendre ses papiers découpés. Elle passait par les rues et les ruelles en criant pour attirer les clients, tant et si bien qu'elle s'enroua, bien qu'elle n'eût presque rien vendu.

A la fin de la journée, elle avait gagné si peu d'argent qu'elle ne pouvait même pas payer son petit-déjeuner. Elle sanglotait de chagrin, ses larmes tombaient telles des perles, l'une après l'autre.

C'est alors qu'elle vit un attroupement. N'ayant pas l'intention de se laisser distraire, elle décida de continuer, tête baissée. Elle entendit soudain des exclamations d'admiration et une voix qui disait:
"Qu'est-ce qu'elle découpe bien!"

La Fille des Fleurs ne put s'empêcher de s'arrêter, s'approcha de la foule et vit une vieille dame découper des papiers. Elle se dit qu'elle-même découpait moins bien que les autres et que ses papiers découpés étaient invendables. Elle put alors en profiter pour voir comment on découpait des papiers.

Elle vit la vieille dame manier une paire de ciseaux, on aurait dit que les ciseaux vivaient tandis que le papier tournait à toute vitesse dans l'autre main. Le papier fut découpé en quelques instants, et la Fille des Fleurs en fut étonnée.
" Oh! C'est magnifique, ce papier découpé; les branches d'arbres, les pétales de fleurs, les feuilles et les boutons de fleurs sont beaucoup plus jolis que les vrais," se dit-elle.

Elle était complètement captivée.


PARTIE II

Après que la vieille dame eut terminé son travail, la Fille des Fleurs resta plantée là un long moment, immobile. La vieille dame lui dit:
- Mon enfant, il fait noir, reviens ici demain si tu veux en acheter.

Retenant ses larmes, la fille se jeta aux genoux de la vieille dame, en disant:
- Grand-mère, je voudrais apprendre à découper des papiers. Prenez-moi comme apprentie, s'il vous plaît!

- Mon enfant, cela ne s'apprend pas du jour au lendemain. Il faut travailler dur, pourras-tu le supporter? répondit la vieille dame.

La fille fit "oui" d'un signe de tête. Voyant sa modestie et sa sincérité, la vieille dame l'emmena chez elle le jour même.

Le lendemain, la vieille dame lui donna une palanche et deux seaux et lui dit:
- Arrose les fleurs à ma place.

La fille jeta un coup d'oeil:
"Oh là là, quel grand jardin!" D'innombrables fleurs y poussaient, et elle n'avait jamais vu certaines d'entre elles.

A partir de ce jour-là, la fille arrosa les fleurs tous les jours du matin au soir sans rien dire, à tel point que ses épaules se couvrirent de callosités. Les fleurs de pêcher se fanèrent et celles de lotus fleurirent. Vint ensuite la floraison des osmanthus, puis celle des pruniers.

Elle travailla ainsi pendant toute une année. Et elle pouvait, les yeux fermés, compter les fleurs de ce jardin, décrire leurs formes et dire le nombre de leurs pétales. Pourtant, la vieille dame n'avait pas encore parlé d'enseigner l'art du papier découpé.


PARTIE III

Un jour, la fille ne put pas s'empêcher de demander à la vieille dame:
- Maîtresse, quand est-ce que vous m'apprendrez à découper des papiers?

La vieille dame sortit une paire de ciseaux en souriant.
- Mon enfant, ne sois pas impatiente. Pour découper des papiers, il faut avoir de bons ciseaux. Tiens, aiguise-les pour moi.

La Fille des Fleurs prit les ciseaux et les regarda:
"Est-ce vraiment une paire de ciseaux, avec cette rouille, ces lames ébréchées, on dirait une scie," pensa-t-elle.

Elle alla sans rien dire au bord d'une petite rivière, et se mit à aiguiser jusqu'au coucher du soleil. Elle fait de même tous les jours, usa plusieurs pierres à aiguiser. Une année passa ainsi, les ciseaux devinrent de plus en plus brillants et tranchants.

La Fille des Fleurs fut un jour si épuisée qu'elle s'évanouit près de la pierre à aiguiser. Quand elle reprit connaissance, elle vit des ciseaux étincelants dans sa main.

Transportée de joie, elle se précipita chez la vieille dame. Mais elle fut stupéfaite en arrivant à son habitation: cette dernière n'était plus là, la chaumière et le jardin n'existaient plus.

Etait-ce un rêve? Très étonnée, elle se frottait les yeux. Elle entendit soudain un chant venu du ciel:

Petits ciseaux étincelants,
coupent des papiers tout vivants,
qu'on achète en se bousculant.

"Est-ce que j'ai rencontré une Immortelle?" se demanda-t-elle en regardant le ciel.

La Fille des Fleurs revint à Yangzhou en apportant la paire de ciseaux que la vieille dame lui avait laissée.

Chose curieuse, quand elle voulait découper une fleur en papier, la fleur même apparaissait devant elle. Le papier tournait dans sa main, puis une fleur bien ressemblante était découpée.

Elle fit ainsi beaucoup de fleurs dont chacune se distinguait des autres. Les branches, les feuilles et les pétales des fleurs étaient d'une ressemblance frappante. Ces fleurs se vendaient comme des petits pains.

Plus tard, on raconta que la vieille dame était une incarnation de la Fée He Xiangu. Cette nouvelle se diffusa rapidement, et la réputation de la Fille des Fleurs se répandit très vite dans toute la ville de Yangzhou.

Depuis lors, une grande animation régna devant la maison de la Fille des Fleurs. Les gens venus acheter des papiers découpés, ou pour apprendre comment les découper furent si nombreux que la porte de la maison risqua plusieurs fois d'être démolie.

Par la suite, La Fille des Fleurs transmit sa technique prodigieuse à un très grand nombre d'apprentis.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : D'où vient le Théier Longjing