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Le Bouvier et la Tisserande


PARTIE I

L'Empereur Céleste avait sept filles intelligentes et habiles. La plus jeune était la plus gentille et la plus travailleuse. Experte en tissage, on l'appelait la Tisserande.

Assise chaque jour devant son métier, la Tisserande lançait sans cesse sa navette, travaillant d'arrache-pied. Elle ne tissait pas des tissus ordinaires mais uniquements des brocarts célestes.

Chaque matin à l'aube, le spectacle du ciel strié des rayons brillants et multicolores du Soleil n'est autre qu'un nouveau chef-d'oeuvre de la Tisserande. En été ou en automne, lorsque le ciel bleu, sillonné de nuages de toutes formes, ressemble à un tableau vivant, c'est aussi une oeuvre tissée de ses mains habiles.

Aucun tisseur ne pouvait rivaliser avec elle. Devant son métier, elle travaillait sans cesse, tissant des parures célestes de toutes les couleurs pour chaque changement de saisons. Sans elle, le ciel aurait été d'une ennuyeuse monotonie.

A vivre toujours dans le ciel, la Tisserande se sentait parfois solitaire. Lorsqu'elle voyait le monde, couvert de montagnes verdoyantes et de lacs bleus, où les hommes labouraient et les femmes tissaient, elle éprouvait souvent un sentiment de frustration et d'envie.

Un jour, pour se reposer de leur travail, elle et ses soeurs descendirent sur terre pour se baigner dans une rivière limpide. Près de la rivière vivait un jeune orphelin qui faisait paître les boeufs dans la vallée et vivait avec son frêre aîné et sa belle soeur. Tout le monde l'appelait le bouvier. Il avait alors plus de 20 ans, n'avait pas encore pris femme et travaillait tous les jours du matin au soir.

Sa solitude et sa peine lui avait attiré la sympathie d'un vieux buffle qui vivait jour et nuit avec lui. Ce vieux buffle pouvait comprendre ses paroles et le bouvier les siennes. Au cours des ans, ils étaient devenus de fidèles compagnons partageant ensemble joies et peines.


PARTIE II

Ce jour-là, après avoir labouré un lopin de terre, le bouvier mena le buffle au bord de la rivière pour l'abreuver. C'est alors qu'il vit les sept soeurs se baigner dans la rivière et s'ébattre joyeusement dans l'eau. Toutes étaient très belles, surtout la plus jeune.

Les cheveux relevés en chignon, les joues tendres et cramoisies, le sourire rayonnant, elle était gracieuse et charmante comme une fleur de lotus sortant de l'eau. En extase devant le magnifique spectacle, le bouvier ne bougeait pas et rêvait. Comprenant l'émoi du jeune homme, le Buffle lui dit à l'oreille:
- Va prendre les habits qui se trouvent près du saule, et celle que tu aimes deviendra ta femme.

Le bouvier fit deux pas en avant, puis hésita, intimidé.
- Dépêche-toi! Vous ferez un très beau couple!

Le bouvier s'élança finalement, prit les vêtements de la jeune fille près du saule et fit demi-tour. Surprises par l'apparition de cet inconnu, les jeunes filles se rhabillèrent en hâte et s'envolèrent dans le ciel. Seule resta dans l'eau la jeune Tisserande. Le bouvier lui ayant pris ses habits, elle ne pouvait pas sortir et attendait avec impatience, les joues écarlates.
- Bouvier, rends-moi mes habits! Supplia la Tisserande.
- D'accord, si tu acceptes de devenir ma femme! Répondit le jeune homme en la regardant amoureusement.

Malgré l'agacement qu'elle éprouvait face à ce jeune homme insolent, l'air sincère et honnête et le regard sentimental du bouvier lui allèrent droit au coeur. Insatisfaite de sa vie solitaire au Ciel et de la surveillance sévère de l'Empereur Céleste, elle rêvait comme toutes les jeunes filles d'un amour ardent et passionné, d'un avenir heureux et d'un vie paisible. Elle satisfit à la demande du bouvier, et hôcha la tête sans mot dire.


PARTIE III

Dès lors, le bouvier et la Tisserande devinrent un couple inséparable. L'homme labourait et la femme tissait. Elle apprit à nombre de jeunes filles sa technique et celles-ci surent bientôt tisser de magnifiques brocarts multicolores. De bouche à oreille, la technique du tissage parcourut le monde.

Le temps passa. Quelques années après, le bouvier et la Tisserande avaient un garçon et une fille. Mais la nouvelle de la vie terrestre de sa fille parvint aux oreilles de l'Empereur Céleste. Furieux qu'on eût ainsi violé la loi céleste, il envoya aussitôt un génie chercher la Tisserande pour la ramener au Ciel. Contrainte de se séparer de son mari et de ses enfants, la Tisserande pleura de douleur.

Tandis que la Tisserande était escortées jusqu'au Palais céleste, le bouvier ne se consolait pas de la perte de sa femme aimée et les enfants pleuraient après leur mère. Portant ses enfants dans deux paniers au bout d'une palanche, il partit à sa recherche. Il allait la rejoindre quand la femme de l'Empereur Céleste apparut et s'ingéra dans l'affaire. Elle agita la main, et une rivière large et profonde aux eaux tumultueuses brisa l'avance du bouvier.

Ainsi, des deux côtés de la Voie Lactée, le bouvier et la Tisserande se regardèrent de loin, sans pouvoir se réunir. Très affligé, le bouvier ne voulut pas quitter le bord de la rivière. De l'autre côté, la Tisserande regardait les vagues impétueuses les larmes aux yeux, refusant de tisser les brocarts célestes malgré les injonctions répétées de son père.

Devant leur résistance, l'Empereur Céleste dut faire des concessions et leur permit de se retrouver une fois par an. Depuis, chaque année, le septième jour du septième mois du calendrier lunaire, les pies célestes forment une passerelle provisoire sur laquelle le bouvier et ses enfants rencontrent la Tisserande.

Quelle joie mêlée de tristesse éprouvent-ils pour cette unique rencontre de l'année. On dit qu'à l'aube de ce jour, il bruine souvent; ce sont les larmes de la Tisserande qui, serrant ses enfants contre elle et tenant tendrement la main de son mari, pleure tristement.


EPILOGUE

La tristesse de leur séparation émut tout le monde et attira la sympathie de chacun. Dans l'Antiquité, chaque année, le soir du septième jour du septième mois du calendrier lunaire, beaucoup de gens restaient à veiller dehors, contemplant longuement le ciel et les deux constellations de chaque côté de la Voie Lactée, le Bouvier et la Tisserande. Saisis de pitié, ils attendaient leur rencontre. A côté du bouvier scintillent deux petites étoiles; on dit que ce sont ses enfants qui viennent voir leur mère.

Ce jour-là, dans certaines régions, les habitants offrent des fleurs et des fruits pour la Tisserande. Ils commémorent par là le souvenir de la Tisserande qui enseigna aux humains l'art du tissage; ils lui enjoignent de ne pas oublier la terre après son retour au ciel et de continuer à former des mains habiles pour le tissage de brocarts de bonne qualité. On appelle cela "demander au ciel l'habileté".

Ce jour-là aussi, des gamines espiègles se cachent dans les vignes, écarquillant les yeux dans la nuit noire. On dit que lorsque tout est silencieux alentours, on peut entendre le Bouvier et la Tisserande se murmurer des mots d'amour.

Depuis longtemps, le monde éprouve une grande sympathie pour la tragique histoire d'amour des deux jeunes gens et nourrissent une profonde rancune envers le cruel Empereur Céleste.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : La Découverte du Feu