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Shi Xuanzhao


PARTIE I

Shi Xuanzhao était un moine pratiquant la vie religieuse dans la vallée des Pies Blanches du Mont Songshan. Homme sans pareil dans le milieu bouddhique pour sa vertu et ses connaissances, il prononçait des sermonts sur le soutra de Lotus. En dépit des rigueurs de l'hiver ou de la canicule, la salle était toujours pleine de monde. Parmi les auditeurs, il remarqua trois vieillards à la barbe et aux sourcils blancs et à l'allure étrange, qui l'écoutèrent pendant plusieurs journées avec la même concentration. Ce qui lui parut bizarre. Un matin, ceux-ci vinrent se présenter à lui.

- Nous, vos humbles disciples, dirent-ils, sommes des Dragons. Nous avons chacun une fonction à laquelle nous consacrons toutes nos peines depuis des milliers d'années. Nous avons profité de vos leçons sans pouvoir vous remercier. Nous vous prions donc de nous donner une indication afin que nous puissions vous rendre quelque service, si mince, soit-il.

Le moine dit :
- A l'heure actuelle, le soleil est exceptionnellement torride pour la saison, et sécheresse et famine sévissent dans le pays. Je serais exaucé si vous pouviez envoyer une pluie opportune.

Et les trois vieillards de répondre :
- c'est facile de rassembler des nuages et faire tomber la pluie. Seulement celle-ci est réglée selon une discipline rigoureuse; sans un ordre de là-haut, nous risquerions la peine capitale. Voilà ce qui nous rebute. Nous pensons à une solution envisageable. Etes-vous enclin à nous prêter main forte ?

- Je vous prie de me faire savoir cette solution.

- Monsieur Sun Simiao* habite dans la montagne Shaoshi, c'est un homme jouissant d'un considération et d'un pouvoir étendu. Lui seul est à même de nous faire échapper à la punition. Accepteriez-vous de vous déranger pour solliciter sa protection ? Si oui, la pluie viendra vite !

- Je sais que Monsieur Sun habite dans cette montagne, mais je le connais mal. Est-ce que cela vaut vraiment la peine ?

- La bienfaisance de Monsieur Sun est incommensurable. Il est l'auteur du "Précis des recettes et des plantes médicinales"(*) dont mille générations à l'avenir seront les bénéficiaires.

Son nom figure dans le registre du Palais de l'Empereur Céleste de Jade. C'est vraiment un homme d'une grande noblesse. Il suffira d'un mot de lui pour que nous en sortions sains et saufs. Seulement, il faut obtenir la promesse avant d'agir.

(* Véridique, Sun Simiao était un célèbre savant de la dynastie des Tang (618-907) son ouvrage mentionne plus de 800 plantes)


PARTIE II

Ceci dit, les trois vieillards expliquèrent la démarche à suivre à Xuanzhao. Celui-ci se rendit donc à la demeure de Simiao. Il s'y comporta avec respect et s'exprima avec sincérité. Puis il se recueillit longtemps avant de dire :
- L'on sait, Monsieur, votre vertu de sage, votre magnanimité de sauveur. Aujourd'hui, le soleil a tué tous les jeunes plants, la population exténuée crie son désespoir. C'est le moment d'exercer charité et bienveillance. Je sollicite votre générosité pour sauver les hommes du péril et de la pénurie.

Siamo répondit :
- Simple ermite de la montagne, je suis dépourvu de toute possibilité. Que puis-je faire pour eux ? Je ne m'épargnerai pas si je peux leur être utile, d'une façon ou d'une autre.

- Le modeste moine que je suis, poursuivit Xuanzhao, ai rencontré hier trois Dragons. Je leur ai demandé de faire venir la pluie, leur réponse fut que sans l'ordre de l'Empereur Céleste de Jade, ils risquent irrévocablement la mort. Grâce à votre prestige et à votre mérite, vous êtes de force à les faire exempter de ce châtiment. Ils m'ont confié cela et attendent humblement votre décision.

- Qu'ils agissent de leur mieux, je me mets à votre disposition et ferai mon possible.

- Après la pluie, reprit Xuanzhao, les trois Dragons viendront se réfugier dans l'étang derrière votre demeure. Lorsque viendra un homme de physionomie insolite pour les arrêter, je vous prie de lui expliquer les faits et de le congédier.

Sun Simiao donna sa promesse et le moine prit le chemin du retour. Il vit les trois vieillards se tenant sur le côté de la route. Xuanzhao leur transmit la parolede Simiao, et ceux-ci lui promirent une pluie qui durerait le jour et la nuit, sur une étendue de mille lis. Ce fut en effet ce qui se passa à l'heure indiquée, et une vaste superficie de terre fut abondamment arrosée.


PARTIE III

Le lendemain, Xuanzhao vint encore chez Simiao. Tous deux se mirent à causer lorsqu'entra un homme à l'aspect peu commun. Il se dirigea droit vers le bord de l'étang, cria d'une voix rauque. L'eau se transforma instantanément en glace. Trois loutres, une blanche et deux noires, en sortirent. L'homme les attacha à une ficelle rouge et s'apprêta à partir. Simiao le fit venir et lui dit :
- C'est vrai que les trois bêtes ont commis hier un crime que même la mort ne saurait racheter. Mais c'est pour répondre à ma volonté qu'elles ont enfreint l'ordre céleste. Je vous prie de me faire la grâce de les relâcher et de présenter mes excuses sincères en haut lieu afin que soit levée la lourde punition qui pèse sur elles.

L'homme s'inclina, libéra ses prisonniers et s'en fut avec sa ficelle rouge. Un instant plus tard, les trois vieillards vinrent remercier Simiao et lui proposèrent une récompense. Sun Simiao répondit :
- Tout devient inutile dans ma demeure de la montagne. Je n'ai besoin de rien.

Le trio s'adressa alors à Xuanzhao pour connaître ses voeux. Celui-ci dit aussi :
- Un montagnard comme moi n'a d'autre besoin que de manger et s'habiller. A part cela on ne demande rien. Ce n'est pas nécessaire de me récompenser.

Comme tous trois insistèrent encore, Xuanzhao dit :
- Il y a une montagne qui bouche le chemin devant mon temple, est-ce que vous pourriez la déplacer pour dégager la route ?

- Rien n'est plus facile ! Mais ne nous en veuillez pas trop si vous êtes dérangé par le vent et la foudre.

La nuit même, le monde fut ébranlé par le tonnerre et la foudre. Lorsque vint le matin et que le brouillard se dissipa, la vue devant le temple se trouva entièrement libre. On pouvait distinguer comme sa paume les perspectives à plusieurs lis de distance.

Le trio revint encore une fois remercier Xuanzhao et prendre congé de lui. Ayant eu la noblesse de décliner toute offre, Sun Simiao était bien l'homme supérieur que l'on disait.

Fin de cette Histoire.

A Suivre : Bai Juyi à Hangzhou