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Astrologie
Yi - King
Feng Shui
Hits Chinois


Histoires Courtes


Le Renard et le Tigre

Le tigre ayant capturé un renard dans la forêt, voulut en faire son repas. Le renard, rusé compère, lui dit sans sourciller :
- Tu ne dois pas me manger, je suis envoyé par l'Empereur du ciel pour être Roi chez les animaux. Il t'en cuira si tu désobéis aux ordres de l'Empereur Céleste.

Vu la petite taille du renard, le tigre faisait peu de cas de ses vantardises.
Le renard repris :
- Si tu doutes de mes paroles, mets-toi derrière moi, nous allons faire un tour dans la jungle. Tu verras comment les animaux seront frappés de terreur à ma vue.

Le tigre y consentit.
Les voilà partis, le renard devant, le tigre derrière, suivant de près.

A la vue du tigre, tous les animaux s'enfuient pris de panique. Se retournant alors vers le tigre, le renard lui dit d'un air triomphant :
- Regarde, tous me craignent!

Et le tigre d'acquiescer :
- Certes, tu jouis d'un prestige incontestable. Dès qu'ils te voient, ils se sauvent tous.


La Fausse Rumeur

Zeng Shen était le disciple de Confucius. Il avait quitté le toit familial pour se rendre dans le royaume de Fei.

Là vivait un homme qui portait aussi le nom de Zeng Shen, et cet homme avait commis un meurtre. Un inconnu prit le bon disciple de Confucius pour l'assassin, alla trouver sa mère et lui dit :
- Je viens d'apprendre que votre fils Zeng Shen a tué un homme dans le royaume de Fei.

La vieille femme, qui était en train de tisser, lui répondit sans lever la tête :
- Mon fils n'est pas capable d'un pareil forfait.
Et elle continua calmement à tisser.

Au bout d'un instant un deuxième inconnu survient:
- Votre fils Zeng Shen a tué un homme.

La mère restant assise, continua à tisser tranquillement.

Au bout d'un instant, un troisième homme arriva, apportant la même nouvelle :
- Zeng Shen a tué un homme.

Du coup, prise de peur, elle jeta sa navette et se sauva en escaladant la clôture.

Zeng Shen était, au su de tous, un homme de vertu et sa mère avait en lui une entière confiance, pourtant lorsque trois hommes l'eurent, l'un après l'autre, accusé d'un meurtre, même sa mère commença à douter de lui.


La Mauvaise Direction

Un homme partit de son pays dans le bassin du Fleuve Jaune pour se rendre au royaume de Chu dans le bassin du Yangzi.

Tout le monde sait que le royaume de Chu était au sud. Cependant, cet homme monta dans sa voiture attelée et se fit conduire vers le nord.

Sur la route on essaya de le détromper:
- Voyons, vous vous trompez de route. Pour se rendre au royaume de Chu, il faut se diriger vers le sud. Pourquoi allez-vous dans la direction opposée?
Mais notre voyageur répondit:
- Cela ne fait rien. J'ai là de bons chevaux qui vont vite.
- Vous pouvez avoir de bons chevaux, mais si vous continuez à avancer dans cette direction, vous n'arriverez pas au royaume de Chu.
Le voyageur reprit:
- Cela ne fait rien. J'ai beaucoup d'argent sur moi.
- Vous pouvez avoir beaucoup d'argent, ça ne vous servira à rien;si vous persistez dans cette direction, jamais vous n'arriverez au royaume de Chu.
- Cela ne fait rien. J'ai là un cocher qui sait conduire à merveille.

Ainsi, s'obstinait le voyageur qui voulait se rendre au royaume de Chu en se dirigeant vers le nord.
Quelqu'un lui dit :
- D'avance je vous mets en garde; meilleurs sont vos chevaux, plus garnie votre bourse et plus habile votre cocher, plus vous vous éloignerez du royaume de Chu.


Dessiner un Serpent avec des Pattes

Dans le royaume de Chu, une famille faisait des offrandes aux ancêtres. Le rite accompli, un pichet de vin fut donné aux gens de service.

Ils étaient cependant tellement nombreux qu'il eût été difficile de faire boire tout le monde. Après un bon moment d'hésitation, on finit par prendre le parti suivant :
Chacun dessinerait un serpent sur le sol et celui qui aurait fini le premier, recevrait le pichet de vin.

Il y avait parmi eux un dessinateur habile qui en un tour de main eut achevé son serpent. C'était bien à lui que le vin revenait de droit.

Il regarda autour de lui. Tout le monde s'appliquait. Alors, prenant le pichet de la main gauche, il détacha avec sa main droite un branche d'arbuste et s'exclama d'un air triomphant:
- Que de temps vous mettez à la besogne! Je vais ajouter des pattes à mon serpent.

Pendant qu'il s'amusait à faire des pattes à son serpent, un de ses camarades termina le sien. D'un coup brusque, il lui arracha le pichet de la main en disant :
- Un serpent n'a point de pattes, pourquoi lui en ajouter? C'est donc moi qui ai achevé le premier et non pas toi!
Et il se mit à boire.

C'est ainsi que celui qui avait dessiné des pattes à son serpent vit lui échapper ce qu'il avait en main.


La Lumière Partagée

Quelques jeunes filles avaient coutume de se cotiser pour acheter de l'huile, avec laquelle elles entretenaient la nuit une lampe pour travailler en commun.

L'une d'entre elles était très pauvre, si pauvre qu'elle ne pouvait pas verser sa part.
Ses camarades moins pauvres qu'elle se lassèrent de la voir venir sans apporter sa part et voulurent la chasser.

Sur le seuil, la pauvre fille se retourna vers ses camarades et dit:
- Je n'ai pas d'argent pour acheter l'huile, mais j'arrivais toujours la première, je me mettais à faire la pièce pour vous, à arranger les sièges pour que vous puissiez travailler confortablement. Pourquoi vous montrez-vous si avares d'un peu de lumière? La lampe n'en a-t-elle pas assez pour éclairer toute la pièce? Laissez-moi en profiter. Vous n'y perdrez rien et j'y gagne beaucoup. Pourquoi voulez-vous me chasser?

Convaincues par ces mots, les jeunes filles reconnurent leur tort et prièrent leur camarade de rester.


L'Arbitre des Elégances

Zou Ji, du royaume de Qi, avait une taille de plus de quatre vingt pouces. C'était un fort bel homme.

Un jour, il s'habilla avec grand soin, se regarda dans le miroir et dit à sa femme:
- Lequel est le plus beau, le seigneur Xu qui habite le quartier nord ou moi?

Sa femme répondit:
- Tu es bien plus beau que le seigneur Xu.

Cependant, le seigneur Xu passait généralement pour le plus bel homme du royaume. Que lui, Zou, fût encore plus beau, c'est ce qu'il avait peine à croire. Il s'adressa donc à sa concubine:
- Qui te paraît le plus beau, le seigneur Xu ou moi?

La concubine répondit:
- Le seigneur Xu t'est bien inférieur.

Quelques instants après, un de ses protégés vint lui faire visite. Au cours de la conversation, Zou Ji renouvela encore une fois la question:
- Qui est le plus beau, le seigneur Xu ou moi?

Et l'homme de répondre:
- Vous êtes bien plus beau que lui.

Le lendemain, le seigneur Xu vint en personne lui rendre visite. Il put donc examiner à loisir cet homme qui lui parut d'une beauté incontestablement supérieure à la sienne. Il prit de nouveau le miroir qui lui confirma cette vérité. Il était évident que le seigneur Xu était le plus beau des deux.

Le soir, quand Zou Ji se fut couché, il repensa à son aventure. Voici la conclusion qu'il en tira:
- Si ma femme a dit que j'étais plus beau que le seigneur Xu, c'est qu'elle était partiale; si ma concubine a exagéré ma beauté, c'est qu'elle avait peur de moi; si le visiteur a fait de même, c'est qu'il avait quelque faveur à me demander.


L'Achat d'un bon Cheval

Il y avait autrefois un Roi qui était prêt à donner mille pièces d'or pour avoir un coursier de race. Mais au bout de trois ans de recherches, le cheval était encore à trouver. Un de ses eunuques demanda à être chargé de cette mission, ce que le Roi lui accorda volontiers.

L'eunuque se mit en quête, et au bout de trois mois on lui signala un bon cheval. Mais quand il se présenta chez le marchand, le cheval venait de mourir. Après quelques délibérations, il décida d'acheter, au prix de cinq cents pièces d'or, la carcasse du cheval mort dont il rapporta la tête.

Quand le Roi la vit, il se mit fort en colère :
- Je veux un cheval vivant, s'exclama-t-il, et tu me rapportes là la tête d'un cheval mort. A quoi cela sert-il? Tu gaspilles mon argent pour rien.

Alors sans se troubler le moins du monde, l'eunuque expliqua :
- Le fait que vous avez acheté la carcasse d'un cheval mort pour cinq cents pièces d'or donnera à penser quel prix vous accorderiez pour un coursier vivant. Quand cela se saura, vous passerez aux yeux de tous pour un grand amateur de chevaux de race et ceux qui en possèdent viendront d'eux-mêmes se présenter à votre porte. Attendez-les.

En effet, moins d'un an après, le Roi était possesseur de trois magnifiques coursiers.


La statuette de terre et la marionnette

Le Prince Mengchang voulait quitter sa patrie, le royaume de Qi pour se rendre au royaume de Qin où il espérait se voir attribuer de hautes fonctions. Les gens de sa suite essayèrent en vain de l'en dissuader.L'un d'entre eux, cependant, eut l'idée d'une métaphore qui le convainquit.
- Un jour que je traversais la rivière Zihe, j'ai surpris la conversation d'une marionnette et d'un statuette de terre.

La marionnette disait à la statuette :
- A l'origine, vous n'étiez qu'un morceau de terre de la rive ouest, c'est de cette terre que vous avez été faite. S'il se met à pleuvoir en abondance, le eaux du fleuve, en débordant, pourront fort bien vous détruire.

Et la statuette lui répondit :
- Je serai détruite, c'est vrai; mais je retrouverai simplement ma première forme, je redeviendrai un morceau de terre, voilà tout; tandis que vous, qui avez été faite d'un arbre du verger de la rive est, s'il se met à pleuvoir en abondance, les eaux du fleuve, en débordant, vous emporteront à leur guise et vous ne serez plus maître de votre destinée. Sur quel rivage irez-vous échouer ?

Après avoir écouté ce récit, le Prince renonça a son projet d'aller au royaume de Qin.


L'épée perdue

Un voyageur traversait le fleuve en bateau. Dans un moment de distraction il laissa tomber son épée dans l'eau.

Il fit immédiatement une entaille sur le rebord du bateau à l'endroit même où l'épée avait glissé dans l'eau.
- C'est par ici, dit-il, que mon épée est tombée. Tout à l'heure quand le bateau accostera, je descendrai sous l'endroit marqué pour chercher mon épée.

Le bateau avait fait du chemin depuis la chute de l'épée, tandis que celle-ci était restée sans bouger au fond du fleuve. Le voyageur n'était-il pas mal avisé de vouloir chercher son épée de cette manière là ?


Le fils d'un bon nageur

Un voyageur passant sur la rive d'un fleuve vit un homme qui tenait un jeune garçon dans les bras et semblait avoir l'intention de le jeter à l'eau.

L'enfant terrifié, poussait des cris.

Le voyageur s'approcha et lui demanda :
- Pourquoi voulez-vous jeter l'enfant dans le fleuve? Il va s'y noyer.

- Rassurez-vous, lui répondit-il. C'est le fils d'un homme qui sait nager à la perfection.

Le voyageur reprit :
- Il est possible que le père de ce petit soit un bon nageur, mais lui-même sait-il nager sans l'avoir appris?

Fin de ces histoires...

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