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Astrologie
Yi - King
Feng Shui
Hits Chinois


Histoires Courtes


La Lance et le Bouclier

Il y avait autrefois un armurier qui vendait des lances et des boucliers.

Il prit un bouclier et déclara :
- Voilà mon bouclier; Il est si solide qu'aucune arme si tranchante soit-elle, ne saura le percer.

Ensuite, il prit une lance et dit :
- Voilà ma lance. Elle a une pointe si affilée qu'aucune arme défensive, si solide soit-elle, ne saura lui résister.

Un homme de l'assistance que ces vantardises faisaient rire sous cape, se détacha du groupe et s'adressa au marchand :
- A ce que vous dites, votre lance est si pointue que rien ne saura lui résister et votre bouclier est si solide que rien ne saura le percer. C'est fort bien. Mais si vous prenez votre lance et foncez sur votre bouclier, qu'arrivera-t-il ?

Pris au dépourvu, notre marchand resta tout penaud, ne sachant que répondre.


Pourquoi Zeng Shen tua son Cochon

Un jour, la femme de Zeng Shen se préparait à sortir. Mais la voyant prête à partir et voulant sortir avec elle, son fils poussa de hauts cris.
Pour se débarrasser de lui, sa mère lui dit:
- Reste ici bien sagement, quand je serai de retour, on tuera le cochon, et tu en mangeras un bon morceau.

En rentrant à la maison, elle vit avec stupéfaction que son mari faisait des préparatifs pour tuer le cochon.
- Comment ? Dit-elle, tu vas le faire pour de bon !
Mais quand je parlais de tuer le cochon, c'était pour calmer le petit.

- Tu avais tort de parler ainsi, répondit Zeng Shen. Car, dans ses actions, ce sont toujours son père et sa mère qu'imite l'enfant. En mentant à ton fils, tu lui apprends à mentir. S'il vient à s'apercevoir que tu le trompes, il n'aura désormais plus confiance en toi. N'est-ce pas une fort mauvaise éducation que tu donnes à ton fils.

Et Zeng Shen tua effectivement le cochon.


Le Platane Abattu

Un homme avait dans sa cour un vieux platane desséché.
Son voisin lui dit:
- Si tu ne l'abats pas, ça te portera malheur.
Crédule, l'homme abattit l'arbre.

Voyant les branches mortes joncher le sol, le voisin lui en demanda quelques rameaux pour allumer son feu.
- C'est donc pour cela que tu m'as conseillé d'abattre l'arbre, s'écria l'homme en colère. Tu es un homme intéressé et dangereux, n'as-tu pas honte de te conduire ainsi avec ton voisin?


La Liberté des Tourterelles

Autrefois, il y avait dans le pays de Handan une coutume selon laquelle les habitants étaient tenus, le jour du Nouvel An d'offrir à leur Roi une quantité de tourterelles pour qu'il les remît en liberté. Tous ceux qui en avaient offert étaient récompensés par le Roi.

Quelqu'un demanda au Roi:
- Vous vous faites offrir des tourterelles pour les remettre en liberté; qu'elle peut bien être votre intention?
- C'est pour faire montre de ma clémence les jours de fête, répondit le Roi.

L'interlocuteur reprit:
- Quand le moment est venu de vous offrir les tourterelles, les gens du peuple s'en vont pourchasser à qui mieux mieux ces pauvres oiseaux. Ils en tuent autant qu'ils en capturent. Si vous voulez vraiment faire preuve de clémence, ne vaudrait-il pas mieux interdire de les attraper? Ce serait le plus sûr moyen de leur sauver la vie. A les attraper pour les libérer ensuite, on en fait mourir des quantités. Votre bienfaisance ne paye pas le mal que vous causez.

D'un signe de tête, le Roi convint que ces observations étaient parfaitement justes.


Le Roi et son Arc

Un Roi amateur de tir à l'arc se plaisait à passer pour un homme doué d'une force extraordinaire, mais en vérité il était incapable de bander un arc dont la traction dépassât trois cents livres.

Il se vanta devant ses généraux qui prirent chacun à leur tour l'arc, le bandèrent à demi, et s'écrièrent:
- Mon Dieu, c'est un arc d'au moins neuf cents livres ! Il n'y a que Votre Majesté qui soit capable de se servir d'un tel arc.
Et le Roi était ravi.

Voilà un Roi qui toute sa vie durant crut, grâce aux flatteries, qu'il pouvait bander un arc de neuf cents livres alors qu'en vérité il ne pouvait dépasser trois cents livres.


Le Faux Musicien

Le Roi Xuan de Qy aimait le faste et avait pour l'orgue de bambou un engouement sans limite. Il entretenait jusqu'à trois cents joueurs d'orgue, et les faisait jouer souvent ensemble.

Dans son royaume vivait un certain lettré nommé maître Nanguo. Maître Nanguo ne savait pas du tout jouer de l'orgue, mais misant sur l'excessive passion du Roi pour cet instrument, il se présenta au Palais et demanda à faire partie de l'ensemble royal.
Le Roi l'accepta, et de surcroît lui accorda une rémunération très élevée.

Chaque fois que l'on faisait jouer les musiciens, maître Nanguo s'emparait de son instrument et s'ingéniait à faire semblant de jouer. Ainsi les jours passèrent sans qu'il lui arrivât le moindre incident.

Quand le Roi Xuan mourut, son fils, le Roi Ming lui succéda. Hélas, le nouveau Roi n'avait pas les mêmes goûts que son père : Il aimait l'orgue, certes, mais le préférait joué en solo; c'est pourquoi il demanda à ce qu'on lui présentât les musiciens chacun à leur tour.

En apprenant cette nouvelle, maître Nanguo, le faux musicien s'enfuit.


L'Homme qui s'achète des Souliers

Un homme se prépare à aller au marché pour s'acheter des souliers.
Avant de partir il mesure son pied, en prend la dimension au moyen d'un brin de paille et se met en route. Mais s'étant trop hâté, il oublie de prendre la paille avec lui.

Arrivé au marché, il s'arrête devant la baraque d'un marchand de souliers, tâte sa poche et s'aperçoit qu'il n'a pas emporté le brin de paille.
- J'ai oublié d'apporter la mesure, dit-il au marchand et comme j'ignore la dimension du pied, il faut que je m'en retourne la chercher.

Et il se hâta de rentrer chez lui, prit la paille et repartit. Le chemin était long. Quand il arriva au marché, il était déjà tard, le marché était fermé. il ne put donc acheter les souliers et toute cette peine il se l'était donnée pour rien.

Alors, quelqu'un demanda :
- Est-ce pour vous-même ou pour un autre que vous achetez les souliers ?
- C'est pour moi-même, répondit-il.
- Mais n'avez-vous pas vos pieds au bout de vos jambes ? Alors à quoi bon être allé chercher la mesure ?


L'Elixir d'Immortalité

Le bruit courait que dans la montagne, à quelques milliers de lieues de la capitale, vivait un vieux moine taoïste qui détenait le secret de l'élixir d'immortalité.
Ayant eu vent de la chose, le Roi envoya un grand dignitaire chercher le secret.

Mais lorsque le messager arriva sur les lieux, le moine venait de mourir.

Furieux, le Roi accusa le dignitaire de s'être mis en retard par manque de diligence et le condamna au châtiment suprême.

Voilà un Roi qui n'était pas un parangon de sagacité. Il ne lui était, en effet, même pas venu à l'idée que si le moine avait possédé un élixir d'immortalité, il ne serait pas mort.


Le Chien qui fait tourner le Vin

Il y avait dans le royaume de Song un marchand de vin dont le cru était excellent et qui ne trichait jamais sur la mesure. Dans son débit, dont l'enseigne était bien en vue, il recevait ses clients avec empressement.

Cependant, son vin ne se vendait guère. On disait qu'il était tourné et sentait l'aigre à la grande consternation de notre marchand.

Un jour, il alla trouver un homme avisé pour le consulter sur la cause de la mévente.
- Auriez-vous un chien méchant ? lui demanda celui-ci.

- C'est vrai que j'ai un chien un peu méchant. Mais quel rapport cela a-t-il avec mon vin ?

- Il y en a un très grand. Quand vos clients vous envoient leur enfant, la pinte à la main, pour acheter du vin, et que votre chien le reçoit les griffes en avant, la gueule menaçante, se jette sur les mollets, et lui déchire ses habits, comment voulez-vous que votre seuil ne devienne pas pour lui une zone de danger. Rien d'étonnant si votre vin tourne et ne se vend pas.


L'Ecrin et les Perles

Un homme du royaume de Chu devait se rendre au royaume de Zheng pour y vendre des perles.

Il fabriqua, pour y serrer ses perles, un écrin en bois de grande valeur qu'il fit ensuite graver, parfumer et orner de toutes sortes de pierres précieuses. C'était un écrin vraiment admirable.

Un Homme du royaume de Zheng, émerveillé par la beauté de l'écrin, l'acheta, mais rendit au marchand les perles qu'il contenait.

C'était là un homme qui s'y connaissait sans doute à vendre des écrins, mais non des perles.

Fin de ces histoires...

A Suivre : HISTOIRES COURTES : 9/ Le Prince qui aimait les Dragons