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DRAGON

Astrologie
Yi - King
Feng Shui
Hits Chinois


Histoires Courtes


La Perche dans l'Ornière

Zhuangzi était un philosophe très pauvre. Un jour, il alla trouver l'Intendant du Fleuve pour lui emprunter des vivres. Celui-ci lui dit:
- Volontiers, mon cher; mais attendez un peu. Quand j'aurai perçu mes redevances, je vous prêterai trois cents onces d'argent, cela vous va-t-il?
Indigné, Zhuangzi lui répondit par la métaphore que voici :

- Hier, alors que je me promenais, j'ai vu une perche dans une ornière desséchée. Dès qu'elle me vit, elle se mit à crier:
- Respectable vieillard, je suis originaire de la mer de l'Est; par malheur je suis tombée dans l'ornière sans eau que voici. Je vais mourir si vous ne venez pas à mon secours. Voulez-vous m'apporter un seau d'eau?

A quoi je répondis par un signe de tête, en ajoutant:
- Volontiers, ma pauvre perche. Je vais de ce pas rendre visite aux Princes de plusieurs royaumes du sud. Ce sont, comme vous le savez, des pays où les eaux abondent et je ne manquerai pas de faire venir les eaux du fleuve Ouest pour vous abreuver.

Indignée, la perche répondit :
- Que dites-vous! Un seau d'eau apporté sur le champ suffirait pour me sauver la vie, mais s'il me faut attendre que vous fassiez venir les eaux du fleuve Ouest, il y a de fortes chances pour que je ne sois plus là lorsque vous reviendrez. Il vous faudra alors me chercher parmi les poissons salés!


Le Sot Orgueilleux

Le chariot d'un marchand passa près de la porte Est de la ville.

Il manquait une cheville à l'une de ses roues qui menaçait de se détacher d'un moment à l'autre et le chariot était en grand danger de se renverser.

Un passant, au bord de la route, s'écria obligeamment.
- Arrêtez, la roue de votre chariot a perdu une cheville!

Sans répondre, le marchand continua son chemin.

Le passant se mit à courir, rattrapa la voiture, saisit le brancard et cria au conducteur:
- N'avez-vous pas entendu? La cheville de votre roue est tombée; si vous ne la faites pas remplacer tout de suite, votre chariot va verser!

Le commerçant répliqua froidement:
- Oui, oui... Je vous ai entendu tout à l'heure, mais en quoi cela peut-il bien vous intéresser que la cheville de ma roue soit tombée? Mêlez-vous donc de vos affaires!


Deux Chasseurs d'Oies Sauvages

Deux frères, voyant approcher une bande d'oies sauvages, préparèrent leurs arcs.

- Si nous tuons une oie sauvage, nous la ferons cuire en daube, dit l'un.

- Non, dit l'autre, c'est bon pour accommoder les oies sauvages tuées à terre, mais celles que l'on tue en plein vol doivent être rôties.

Pour régler cette discussion, ils en référèrent au chef du village.

- Coupez l'oie en deux, conseilla le chef, et que chacun l'apprête à sa façon.

Seulement lorsque les deux chasseurs furent prêts à tirer, les oies sauvages étaient loin à l'horizon.


Les Bateaux Vétustes

Lorsque Hu Lizi quitta la capitale pour s'en retourner dans son pays natal, le premier ministre mit à sa disposition un fonctionnaire pour l'accompagner.
- Parmi les bateaux du gouvernement, dit-il, choisissez pour votre voyage celui qui vous plaira le mieux.

Le jour du départ, Hu Lizi arriva le premier à l'embarcadère; il y avait plusieurs milliers d'embarcations amarrées le long du rivage. Il cherchait à reconnaître les bateaux gouvernementaux, mais n'y parvenait pas.

Lorsque le fonctionnaire qui devait l'escorter arriva, il lui demanda :
- Il y a tant de bateaux ici ! Comment distinguer ceux du gouvernement ?

- Rien de plus facile, répondit son interlocuteur, ceux dont la bâche est trouée, les rames brisées et les voiles déchirées sont tous des bateaux du gouvernement.

Hu Lizi leva les yeux au ciel, soupira et se dit en lui-même :
"Ce n'est pas étonnant que le peuple soit misérable. L'Empereur le considère sans doute comme propriété du gouvernement, lui aussi."


Le Petit Oiseau et le Rocq

Autrefois, il y a bien longtemps de cela, existait sur Terre un oiseau gigantesque appelé Rocq. Son dos était aussi vaste que le Mont Taishan et lorsqu'il déployait ses ailes, il cachait le Soleil tel un immense nuage noir.

Pour prendre son envol, il soulevait un tourbillon de vent et il partait pour franchir quatre-vingt-dix milles lieues d'un seul trait.

Un jour alors qu'il se rendait du Pôle Nord au Pôle Sud, il fut aperçu à mi-chemin par un moineau.

"Mais où va-t-il donc ? se dit le petit oiseau en ricanant. Moi, je sautille de-ci de-là, je prends mes ébats tout à mon aise dans les broussailles d'où je m'élance parfois jusqu'à une hauteur de dix pieds. N'est-ce pas déjà admirable ? Lui, où prétend-il aller encore ?"

Voilà deux façons de voir les choses nées de la différence de taille.


La Grenouille et son Logis

Une grenouille avait élu domicile au fond d'un puits abandonné. Un jour, elle vit sur la margelle une grande tortue de mer. La grenouille se mit à vanter à l'étrangère les avantages que lui procurait son logis:

- Regardez, dit-elle, comme je me trouve bien dans mon puits. Quand l'idée m'en vient, je prends mes ébats autour de la margelle. Une fois fatiguée, je me retire au fond du puits pour me reposer contre la paroi du mur en brique. Tantôt je m'accroupis tranquillement dans l'eau, la tête et la bouche seules émergeants; tantôt je me promène dans la boue tout aussi agréablement. Regardez-moi ces bandes de crabes et de têtards, aucun d'entre eux ne pourrait se comparer à moi ! D'ailleurs, maîtresse de mon logis, j'y jouis d'une liberté entière. Pourquoi ne venez-vous pas me rendre une petite visite amicale de temps à autre?

La curiosité mise en éveil par ces paroles, la tortue voulut voir le puits tant vanté, mais à peine eut-elle levé la patte gauche qu'elle se sentit retenue par la patte droite qui ne pouvait pas passer. Epouvantée, elle recula de deux pas et à son tour, vanta à la grenouille les beautés de son logis à elle:

- N'avez-vous jamais vu la mer? lui dit-elle. Elle s'étend sur plus de mille lieues et est profonde de plus de dix milles pieds. Dans les temps anciens, le déluge sévissait neuf années sur dix, mais la mer marquait à peine une légère crue; un peu plus tard la sécheresse désolait la terre sept années sur huit, mais c'était à peine si le niveau de la mer baissait. Vous voyez, ni déluge ni sécheresse n'ont d'influence sur elle. C'est un vrai bonheur que de vivre dans les vastes océans.

A ces mots, la grenouille confondue, ne trouva plus rien à répondre.


Le Bon Remède

Il y avait dans le royaume de Song une famille de blanchisseurs qui possédait un remède pour les gerçures. C'était un onguent particulièrement efficace dont la recette était gardée secrète de père en fils.

Quelqu'un ayant eu connaissance de ce fait, vint trouver les blanchisseurs et proposa de leur acheter le secret:
- Je vous donne cent onces d'argent, leur dit-il, si vous consentez à m'indiquer la recette.

Les blanchisseurs tinrent conseil. Leur métier était de si peu de rapport qu'ils trouvèrent très avantageuse l'offre de l'étranger et l'acceptèrent sans plus tarder.

Une fois en possession du secret, l'étranger alla l'offrir au roi Wu.

Plus tard la guerre éclata entre le royaume de Wu et le royaume de Yue. C'était un combat naval et l'on était en plein hiver. Les soldats eurent les mains gercées, mais grâce au fameux remède, ils furent vite guéris et remportèrent sans difficulté la victoire. Le roi donna une récompense magnifique à celui qui avait fait connaître le remède.

C'était le même onguent, mais dans le premier cas il fut juste bon pour aider une famille de blanchisseurs, alors que dans le second il sauva un royaume. Il en est ainsi de toutes choses, tout dépend de l'usage qu'on en fait.


Deux Bergers Distraits

Deux petits bergers, Gu et Zang, rentrèrent un soir sans leur troupeau.
Le maître demanda:
-Zang, où sont tes brebis?
Et Zang répondit :
- J'avais emporté un livre avec moi; j'étais tellement absorbé par la lecture que les brebis s'en sont allées sans que je m'en aperçoive.
- Et toi, Gu, comment as-tu fait pour perdre tes brebis, toi aussi?
* Et Gu répondit :
- J'ai joué aux échecs avec mes camarades; j'étais tellement absorbé par le jeu que les brebis s'en sont allées sans que je m'en aperçoive.

Deux passions différentes avaient entraîné les deux enfants à négliger leur devoir,
deux passions différentes qui avaient abouti au même résultat.


La Sacoche Volée

Il y avait autrefois un homme de piètre intelligence qui se rendait à la ville pour prendre part aux examens officiels. En route, sa sacoche lui fut volée par des bandits.

- Les bandits m'ont volé ma sacoche, mais ils ne pourront rien me prendre! dit-il.

Et comme on lui demandait ce qu'il entendait par là, il répliqua :
- La clef de ma sacoche pend encore à ma ceinture, comment les bandits pourraient-ils l'ouvrir?


Avaler le Jujube tout entier

Un sot, un jour entendit cette conversation :
- Les poires sont bonnes pour les dents mais nuisibles pour la rate, les jujubes au contraire ne valent rien pour les dents, mais font du bien à la rate.

Il réfléchit longuement et dit :
- Je mâcherai les poires, mais ne les avalerai pas, ainsi elles ne pourront nuire à ma rate. J'avalerai les jujubes sans les mâcher, ainsi ils ne pourront gâter mes dents.

L'un de ses amis déclara :
- Voilà ce qui s'appelle "Avaler le Jujube tout entier"!

Tout le monde éclata de rire.

Note : "Avaler le jujube tout entier" : Expression courante pour exprimer "Agir sans Réflexion".

Fin de ces histoires...

A Suivre : HISTOIRES COURTES : 8/ La Lance et le Bouclier