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Astrologie
Yi - King
Feng Shui
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Histoires Courtes


L'Ane du Guizhou

On n'avait jamais vu d'âne au Guizhou, jusqu'au jour où un excentrique imbu de nouveautés s'en fit amener un par bateau. Mais ne sachant à quoi l'employer, il le lacha dans les montagnes.

Un tigre, voyant cette créature d'aspect étrange, le prit pour une divinité. Caché dans la forêt, il se mit à l'observer, puis s'aventura hors des taillis, restant pourtant à distance respectueuse. Un jour, l'âne lança un long braiment; le tigre, terrifié, se sauva à toutes jambes. Mais il revint jeter un regard et se dit que cette divinité n'était pas si terrible après tout. S'habituant au braiment de l'âne, il se rapprochait de lui sans pourtant se risquer encore à l'attaquer.

Quand il crut le bien connaître, il prit des libertés, le frôlant, le poussant, l'agaçant, si bien que l'âne pris de colère lui envoya une ruade. "C'est donc tout ce qu'il sait faire" se dit le Tigre. Alors il bondit sur l'âne, le mit en pièces et le dévora.

Pauvre âne! Par sa taille, il semblait puissant, par ses cris, il semblait redoutable. N'eût-il pas montré tous ses talents que le tigre féroce n'aurait jamais osé l'attaquer. Mais, par sa ruade, l'âne avait signé sa propre condamnation.


Les Baguettes d'Ivoire

Zhou, le dernier Roi de la dynastie des Shang, d'un morceau d'ivoire de grande valeur fit faire une paire de baguettes pour sa table.
Ce fait attrista beaucoup son oncle, le Prince de Qi:
Des baguettes d'ivoire ne vont naturellement pas avec des bols et des assiettes de grès. Leur présence exigera celle de tasses et de bols de jade.

Mais les bols de jade et les baguettes d'ivoire ne vont pas avec les mets grossiers qu'il faudra remplacer désormais par des queues d'éléphant et des foetus de léopard.

Un homme qui a goûté des queues d'éléphant et des foetus de léopard ne saurait se contenter d'habits de toile de chanvre, ni de maisons basses et inconfortables.

Des costumes de soie et des Palais hauts et magnifiques lui seront indispensables.

Et ainsi de suite, les désirs ne cessant de s'accroître, on aboutit nécessairement à une vie de luxe et de dissipations qui ne connaît bientôt plus de bornes.

Faute de se corriger, le Roi Zhou eut une fin tragique. Il perdit son royaume et se tua de désespoir.


Plus de Marc pour les Cochons

A trente lis de notre bourgade se trouve la montagne Hefu. Là, à côté d'un petit lac, est niché un temple que tout le monde nomme le Temple de la mère Wang. Personne ne sait à quelle époque vécut la mère Wang, mais les anciens racontent que c'était une femme qui fabriquait et vendait du vin.

Un moine taoïste avait pris l'habitude de venir boire chez elle à crédit. La marchande semblait n'y prêter aucune attention; chaque fois qu'il se présentait, elle le servait aussitôt.

Un jour, le taoïste dit à la mère Wang :
- J'ai bu votre vin et je n'ai pas de quoi le payer, mais je vais vous creuser un puits.

Le puits terminé, on s'aperçut qu'il contenait du très bon vin.
- Voilà pour vous payer ma dette, dit le moine et il s'en fut.

De ce jour, la femme ne fit plus de vin; elle servit à ses clients le vin tiré du puits. Ce vin était bien meilleur que celui qu'elle faisait auparavant avec du grain fermenté. Sa clientèle s'accrut énormément et en trois ans, sa fortune était faite :
Elle avait gagné plusieurs milliers d'onces d'argent.

Un jour, le moine parut à l'improviste. La femme le remercia avec effusion.

- Le vin est-il bon? Demanda-t-il.
- Oui, le vin est bon, admit-elle, seulement je n'ai plus de marc pour nourrir mes porcs!

En riant, le taoïste prit un pinceau et écrivit sur le mur de la maison :

"La profondeur du Ciel n'est rien,
Le Coeur humain est infiniment plus profond.
L'eau du puits se vend pour du vin;
La marchande encore se plaint :
Plus de marc pour les cochons."

Son quatrain achevé, il s'en fut, et le puits ne donna plus que de l'eau...


Une Parabole sur les Etudes

Le Prince Ping du royaume de Jin dit un jour à son maître de musique, Shi Kuang, qui était aveugle:
- J'aimerais beaucoup lire de bons livres et étudier, mais j'ai soixante dix ans sonnés, c'est trop tard pour commencer.

- Si c'est trop tard, pourquoi ne faites-vous pas allumer les bougies? Lui répondit le maître de musique.

Le Prince s'étonna :
- Je vous parle de choses sérieuses, et vous plaisantez?

Le maître de musique reprit :
- Je ne suis qu'un pauvre aveugle, comment oserais-je plaisanter avec Votre Altesse? Ce que je veux dire c'est que quand on commence à étudier dans sa jeunesse, c'est comme le soleil radieux du matin; quand on commence dans l'âge mûr, c'est comme le soleil de midi qui atteint le zénith et quand on commence sur ses vieux jours, c'est comme la flamme des bougies, lumière bien faible, il est vrai, mais n'est-ce pas mieux que l'obscurité complète?

- Vous avez parfaitement raison, convint le Prince.


Dix Milles Onces d'Or

Dans l'Etat de Qi vivait un nommé Dong Guochang qui avait l'habitude d'exprimer tout haut ses nombreux désirs. Une fois, il dit qu'il voudrait bien posséder dix milles onces d'or.

L'un de ses disciples lui demanda s'il consentirait à l'aider si son souhait se réalisait.
- Non, répondit-il, j'aurai besoin de cet argent pour m'acheter une charge officielle.

Ses disciples furent indignés. Ils le quittèrent tous et passèrent à l'état de Song.

Pour s'être trop attaché à ce qu'il ne possédait pas encore. Il a perdu ce qu'il tenait déjà.


Le Phoenix Sculpté

L'artisan Kong Shu était en train de sculpter un phoenix. Il avait à peine ébauché l'aigrette ainsi que les pattes et n'avait pas encore ciselé le plumage. Quelqu'un dit en regardant le travail :
- Cela ressemble à un hibou.

Et un autre :
- Cela rappelle plutôt un pélican.

Chacun de rire et on s'accorda pour trouver cette sculpture affreuse et l'auteur sans talent.

Lorsqu'il fut terminé, le phoenix avait une superbe aigrette émeraude qui se dressait, vaporeuse au dessus de sa tête. Ses pattes vermillons avaient des reflets éblouissants, ses plumes chatoyantes semblaient faites du brocart que tissent les nuages au coucher du soleil et sa gorge était couleur de feu.

Un coup de pouce sur un ressort caché fit s'envoler avec un battement d'ailes l'oiseau mécanique et, trois jours durant, on le vit monter et descendre à travers les nuages.

Tous ceux qui avaient critiqué Kong Shu ne tarissaient plus d'éloges sur son oeuvre merveilleuse et son talent prodigieux.


Les Ruses du Chasseur

Le cerf craint le loup, le loup craint le tigre et le tigre craint le grand ours, le plus féroce des animaux. Avec son crâne recouvert de longs poils semblables à une tignasse, marchant debout sur ses pattes de derrière, il est extraordinairement fort et s'attaque même à l'homme.

Au sud de l'Etat de Chu vivait un chasseur qui, sur sa flûte de bambou, arrivait à imiter toutes sortes de cris d'animaux. Muni d'un arc et d'un petit pot de grès au fond duquel couvaient quelques braises, il se rendait dans la montagne et imitait l'appel du cerf. Croyant retrouver un de leurs frères, des cerfs arrivaient et le chasseur les tuait avec des flèches enflammées.

Un jour, en l'entendant imiter le cri du cerf, un loup accourut. Le chasseur pris de frayeur lança un rugissement de tigre. Le loup s'enfuit, mais un tigre parut. Terrifié, l'homme imita le grognement du grand ours. Le tigre s'en fut, mais croyant rencontrer un de ses semblables, un ours énorme se présenta. Ne trouvant qu'un homme, il se jeta sur lui, le mit en pièces et le mangea.

Aujourd'hui encore, ceux qui se servent d'artifices au lieu de compter sur leurs propres forces finissent toujours par s'attirer un destin semblable à celui du chasseur.


La Naïveté du Jeune Cerf

Un habitant de Linjiang captura un jour un jeune faon et décida de l'élever. A peine eût-il franchi le seuil de sa demeure que ses chiens l'accueillirent en se pourléchant et en frétillant de la queue.

L'homme furieux les renvoya, mais le sort que ses chiens réservaient au jeune faon devint un sujet d'inquiétude. Alors il présenta tous les jours le faon aux chiens; il le portait dans ses bras, montrant par là à ses chiens qu'ils devaient le laisser en paix. Peu à peu, le faon se mit à jouer avec les chiens qui, obéissant à la volonté de leur maître, fraternisèrent avec lui.

Le faon grandit et, oubliant qu'il était un cerf, crut que les chiens étaient ses meilleurs amis. Ils folâtraient ensemble et vivaient dans une intimité sans cesse grandissante.

Trois années passèrent. Le faon, devenu cerf, vit un beau jour dans la rue une bande de chiens inconnus. Il sortit aussitôt pour s'amuser avec eux, mais ceux-ci le regardaient venir avec un mélange de joie et de fureur. Ils le mirent en pièces et le mangèrent.

En rendant le dernier soupir, le jeune cerf se demandait encore pourquoi il mourait si prématurément.


Le Serpentaire et le Serpent

Un certain serpentaire rencontra un serpent; Il se jeta sur lui et le frappa à coups de bec.

- Ne me frappez pas! Dit le serpent, tout le monde dit que vous êtes un oiseau venimeux; c'est une mauvaise réputation et c'est parce que vous vous nourrissez de serpents. Si vous ne nous mangez plus, vous n'aurez plus en vous notre venin et vous n'aurez plus mauvaise réputation.

- Vous me faites rire! Riposta l'oiseau, vous autres serpents, vous tuez les hommes en les piquant! Dire que je suis un danger pour les hommes est un mensonge. Je vous mange pour vous punir de vos crimes. Les hommes le savent bien; ils me nourrissent pour que je les défende contre vous.
L'homme sait aussi que ma chair et mes plumes sont contaminées et il s'en sert pour empoisonner son semblable; mais cela n'est pas mon fait. Si l'homme tue avec une arme, est-ce l'arme qu'il faut blâmer ou l'homme?
Moi, je ne veux pas de mal au genre humain. Quant à vous, cachés dans les herbes, vous rampez sournoisement, prêts à piquer l'homme qui vous rencontre.
C'est le destin qui vous a mis aujourd'hui sur ma route; vos mauvais arguments ne vous sauveront pas.

Sur ce, le serpentaire dévora le serpent.


A quoi bon Flatter

Un homme riche et un homme pauvre causaient ensemble.

- Si je te donnais vingt pour cent de tout l'or que je possède, me ferais-tu des compliments? Demanda le premier.
- Le partage serait trop inégal pour que tu mérites un compliment, répondit le second.
- Et si je te donnais la moitié de ma fortune?
- Nous serions égaux; pourquoi te flatter?
- Et si je te donne tout alors?
- Si j'ai toute ta fortune, je ne vois pas pourquoi j'aurais à te flatter!

Fin de ces histoires...

A Suivre : HISTOIRES COURTES : 3/ Le Guérisseur de Bosses